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L'OTAN tiendra jeudi ses premiers entretiens officiels avec la Russie depuis la tentative d'empoisonnement d'un ancien agent double du Kremlin en Grande-Bretagne, au moment où les tensions se multiplient avec Moscou. "Une réunion du Conseil OTAN-Russie aura lieu le 31 mai 2018 ", a annoncé la porte-parole de l'Alliance Oana Lungescu.

La réunion - la septième des deux dernières années - devrait être consacrée au conflit en Ukraine, où Moscou est accusé de soutenir les séparatistes pro-russes dans l'Est.

"Il est important de discuter avec la Russie", soutient le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg qui par ailleurs ne cesse dénoncer les tentatives d'intimidation et les ingérences de la Russie dans les pays membres de l'Alliance. Mais la réunion du conseil se tiendra à huis clos, a indiqué l'Alliance

Le Conseil OTAN-Russie, importante plate-forme de dialogue, "n'a jamais été suspendu", soulignent les responsables de l'Alliance. L'OTAN a suspendu sa coopération pratique avec la Russie en raison de ses actions agressives en Ukraine, "mais a maintenu ouvertes les voies du dialogue politique", précisent-ils.

L'OTAN et la Russie maintiennent également des lignes de communication entre leurs responsables militaires afin de "promouvoir la prévisibilité et la transparence de (leurs) activités militaires".

Les tensions entre l'alliance transatlantique et la Russie se sont accentuées depuis l'annexion de la Crimée par Moscou. Elles se sont envenimées avec la tentative d'assassinat de l'ancien espion Sergei Skripal et de sa fille en mars dans la ville britannique de Salisbury.

L'OTAN a dénoncé l'utilisation d'un agent neurotoxique pour tenter de tuer Skripal et a expulsé sept diplomates russes dans le cadre d'une réponse internationale coordonnée.

La réunion du conseil OTAN-Russie intervient alors que l'OTAN prépare son sommet prévu en juillet à Bruxelles. Jens Stoltenberg a précisé lundi qu'il se concentrerait sur la dissuasion, la modernisation de l'Alliance, ses relations avec l'UE et ses projet en matière de défense et sur les mesures visant à "gérer" les liens avec la Russie.