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L'ouragan Irma a été rétrogradé en catégorie 1 sur l'échelle de Saffir-Simpson, a indiqué lundi le Centre américain des ouragans (NHC) basé à Miami. La catégorie 1 implique des vents de 135 km/h avec encore de fortes rafales.

Irma se trouvait lundi matin (08h00 - heure belge) à 40 km au nord-est de la ville de Tampa en Floride et se déplaçait à une vitesse de 24 km/h en direction du nord-nord-ouest.

Le NHC s'attend à ce qu'Irma devienne une tempête tropicale dans le courant de la journée.

Renversant les palmiers, arrachant des poteaux électriques et déversant des pluies diluviennes, l'ouragan Irma remontait la côte ouest de la Floride dans la nuit de dimanche à lundi, s'acharnant sur une région ultra-touristique et vulnérable à la montée des eaux.

Afin de débloquer d'urgence des moyens supplémentaires pour venir en aide à la Floride, le président américain Donald Trump a déclaré dimanche l'état de catastrophe naturelle et annoncé sa visite prochaine sur la péninsule, à la pointe sud-est des Etats-Unis.

Accompagné de vents encore violents, jusqu'à 155 km/h, l'ouragan remontait la côte ouest de la Floride à 22 km/h en direction du nord à 03h00 GMT, menaçant notamment la grande ville de Tampa après avoir battu le sud-ouest de la péninsule.

"Irma devrait tourner vers le nord-nord-ouest dans la nuit", indique le Centre américain des ouragans (NHC).

Deux conducteurs, une policière et un agent pénitencier, ont trouvé la mort dans tôt dimanche matin dans une collision frontale, près de la ville de Sarasota, sur la côte ouest de la Floride.

La policière "avait travaillé toute la nuit dans un centre d'hébergement et se rendait chez elle pour chercher des provisions", a indiqué à l'AFP le shérif du comté de Hardey, Arnold Lanier.

Irma impacte maintenant "l'ensemble du sud de la Floride", a indiqué le Centre américain des ouragans (NHC) et crée des conditions extrêmement dangereuses. La mort d'un chauffeur de camion a également été confirmée sur l'archipel des Keys, tué lorsque que son véhicule a percuté un arbre, samedi.

Irma a déjà fait 27 morts dans les Caraïbes et d'énormes dégâts matériel.

Le coeur de l'ouragan, où les vents et les précipitations sont les plus intenses, a frappé dimanche matin les Keys de plein de fouet.

"Les bateaux sont littéralement arrachés, les palmiers sont couchés sur le sol. Les lignes électriques sont en train de lâcher (...) Personne ne peut se tenir debout dans les vents que je vois par la fenêtre", a décrit par téléphone sur CNN Maggie Howes, une secouriste calfeutrée au deuxième étage d'un petit bâtiment de Key Haven, à la pointe de l'archipel.

Les Keys, une langue de terre très basse, avaient déjà été aux trois-quarts détruites par l'ouragan Donna il y a 57 ans jour pour jour, le 10 septembre 1960.

Une grue s'effondre sur un immeuble à Miami

L'eau poussée par les vents violents de l'ouragan Irma a envahi dimanche un quartier du centre-ville de Miami, où deux grues de chantiers se sont effondrées sans faire de victime, selon des habitants et les autorités de la ville.

Le bras d'une grue a rompu et terminé sa course sur le toit d'un autre immeuble en construction dans la 3e Rue, un quartier en bord de mer où se trouvent de nombreux chantiers, selon des photos diffusées sur les réseaux sociaux.


Steven Schlacknam, un artiste de 51 ans réfugié dans son appartement du 37e étage dans le quartier de Brickell, a indiqué à l'AFP avoir vu une seconde grue tomber. Le quartier, sur le bord de mer, est en partie inondé "par la marée qui passe au-dessus des digues" et "la jetée en bois a pratiquement disparu", a-t-il témoigné.

Des images de la télévision montraient l'avenue Brickell inondée par la mer qui submergeait à mi-hauteur les voitures en stationnement.

Le quartier, situé en bord de mer, est régulièrement inondé.

"Nous avons dans la ville de Miami environ 25 grues, dont certaines sont à 240 mètres du sol", a dit à l'AFP Daniel Alfonso, un responsable de la municipalité.

La ville a conseillé à ceux qui avaient refusé d'évacuer de ne pas se réfugier dans les bâtiments entourés par des grues.

Ces grues sont faites pour résister à des vents de 233 km/h mais "le bras d'une grue et son contre-poids pèsent entre 3,6 et 4,5 tonnes, ça peut faire beaucoup de dégâts si ça tombe", a souligné M. Alfonso.

Inondations à Cuba

La capitale cubaine, qui borde le détroit de Floride, a essuyé dans la nuit de puissantes bourrasques atteignant parfois plus de 150 km/h et subi des pénétrations maritimes sans précédent, ont annoncé les autorités, précisant que les effets d'Irma continueraient a être ressentis dans la capitale jusqu'à lundi.

Au niveau du Malecon, le célèbre boulevard de bord de mer havanais, "la mer a avancé comme jamais elle ne l'avait fait auparavant", a affirmé à la télévision nationale Mercedes Lopez Acea, présidente du conseil de défense national de La Havane. Par endroits, notamment dans le quartier du Vedado, près du centre-ville, l'eau avait avancé sur plus de 500 mètres vers l'intérieur, ont constaté les journalistes de l'AFP.

Certains sinistrés n'hésitaient pas à s'aventurer dans l'eau pour se signaler aux secouristes et policiers circulant dans la zone. Par ailleurs, Mme Lopez Acea a fait état de nombreuses chutes d'arbres et de branches ainsi que de dommages sur le réseau électrique, qui demeurait coupé dimanche matin dans la plupart des quartiers. Le système de distribution d'eau et le réseau téléphonique filaire étaient aussi perturbés, a-t-on constaté. La responsable a aussi rapporté que des "effondrements partiels ou complets d'habitations" avaient été recensés dans la ville et la province. Mais elle n'a pu fournir de chiffre dans l'immédiat ou se prononcer sur d'éventuelles victimes.

Avant de filer samedi soir vers la Floride, l'ouragan Irma a provoqué des inondations jusque dans La Havane et semé de nombreuses destructions dans le centre et l'est de Cuba, selon les autorités cubaines. L'agriculture et les infrastructures touristiques ont subi des dommages, a-t-on ajouté de même source.

Macron à Saint-Martin ce mardi

Dans les îles françaises de Saint-Martin et Saint-Barthélemy, épargnées par José mais dévastées par Irma, une partie de la population ne cachait pas dimanche son exaspération face aux moyens jugés insuffisants mis en place par l'Etat français.

Le président Emmanuel Macron doit se rendre mardi sur l'île de Saint-Martin.