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Les dirigeants de l'UE ont demandé vendredi la mise en oeuvre de tous les moyens pour empêcher les migrants de prendre la mer à destination de leurs côtes en Méditerranée.

Les conclusions adoptées à l'issue d'un sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE à Bruxelles réclament de faire pression sur les pays tiers pour "éviter que les migrants n'embarquent pour un voyage périlleux à destination de l'Union européenne".

"Ce doit être une priorité", insiste le texte adopté deux mois après la vague d'émotion provoquée par la mort de plus de 350 migrants dans le naufrage de leur bateau au large de l'île italienne de Lampedusa, première terre européenne pour les migrants prenant la mer à partir du Nord de l'Afrique.

Les dirigeants européens réclament en outre le "renforcement des opérations menées par Frontex, l'agence chargée de la sécurité des frontières extérieures, pour lutter contre la contrebande et le trafic d'êtres humains".

La stratégie pour empêcher les passages ne pourra en effet fonctionner que si des accords sont conclus avec les pays de départ ou de transit des migrants pour les faire intercepter avant qu'ils ne prennent la mer ou lorsqu'ils sont encore dans les eaux territoriales des pays tiers.

Mais aucune des mesures humanitaires proposées par la Commission, comme les entrées protégées pour permettre d'engager une procédure de demande d'asile en dehors de l'UE, n'ont été retenues.

Les conclusions sont par ailleurs très vagues sur la prise en charge des migrants passés au travers des mailles de cette protection renforcée en Méditerranée. La formule retenue est une "solidarité appropriée avec les Etats confrontés à une forte pression migratoire".

Elle a été jugée insatisfaisante par les pays concernés, mais aucun n'a été en mesure de faire modifier le texte, a expliqué un diplomate.

"L'Italie n'a pas pris la parole pendant la discussion et seul Malte est intervenu avant l'adoption des conclusions", ont confié à l'AFP plusieurs sources européennes.

Le chef du gouvernement italien Enrico Letta n'était pas en mesure de protester après le coup de colère de la Commission européenne contre les "traitements épouvantables" infligés aux migrants dans le centre de rétention de Lampedusa, a expliqué une des source.

Les Syriens fuyant la guerre dans leur pays et la situation catastrophique dans les camps de réfugiés installés dans les pays de la région pourraient rapidement mettre le dispositif européen à l'épreuve.