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Un tribunal international doit rendre mercredi à La Haye son jugement en appel à l'encontre de l'ultranationaliste serbe Vojislav Seselj, acquitté à la surprise générale en première instance, il y a deux ans, de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité pendant les conflits dans les Balkans.

Le verdict sera rendu à 14H00 heure belge, en l'absence du principal intéressé, par le Mécanisme pour les tribunaux pénaux internationaux (MTPI), compétent pour reprendre toute affaire du TPIY. Le virulent opposant et fondateur du Parti radical serbe (SRS) a en effet fait connaître dans un entretien avec l'AFP son intention de snober cette nouvelle audience. "Ce verdict ne m'intéresse pas", a-t-il expliqué. "J'ai vaincu le tribunal à La Haye, parce que le procureur n'avait aucune preuve de mes crimes de guerre présumés", a déclaré celui qui est désormais député serbe. Et de marteler : "nous ne renoncerons jamais à l'idée d'une Grande Serbie". Vojislav Seselj avait été acquitté au terme d'un procès de huit ans, en mars 2016, par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) de neuf chefs d'accusation pour un "nettoyage ethnique" ayant visé des Croates, des musulmans et autres non-Serbes dans les années 1990. L'accusation, qui avait interjeté appel dès 2016, cherche depuis lors à renverser cet acquittement et à "casser le jugement entaché de nombreuses erreurs rendu par la chambre de première instance du TPIY". Pour ses détracteurs, Vojislav Seselj, 63 ans, a personnifié le nationalisme serbe pendant les conflits dans les Balkans, les alimentant par ses discours enflammés. Comme lorsqu'il a encouragé ses troupes à "n'épargner personne" au cours du siège de la ville croate de Vukovar en 1991. Pour l'accusation, le faucon ultranationaliste est pleinement responsable en raison de ses appels aux meurtres, aux persécutions, aux transferts forcés de populations et aux tortures, pendant une guerre qui a fait 20.000 morts en Croatie et 100.000 en Bosnie. Néanmoins, les juges avaient estimé en première instance que ses discours ne procédaient pas d'un dessein criminel et qu'ils étaient destinés à renforcer le moral des troupes. Dans ce premier jugement rendu en 2016, le tribunal dirigé par le juge français Jean-Claude Antonetti avait estimé que Vojislav Seselj n'était pas "le chef hiérarchique" des milices de son Parti radical serbe (SRS) puisque celles-ci étaient passées sous le contrôle de l'armée.