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Les dernières investigations sur les accusations de viols visant l'islamologue suisse Tariq Ramadan en France ont poussé la première plaignante à revenir de nouveau sur sa version, l'enquête ayant déterminé qu'elle se trouvait à un mariage à la date supposée des faits, selon des éléments dont a eu connaissance l'AFP jeudi. Première femme à avoir porté plainte en octobre, Henda Ayari était confrontée jeudi matin pour la première fois à l'islamologue de 55 ans, inculpé de viols et incarcéré depuis le 2 février dans cette affaire.

Initialement, elle situait le viol présumé au début du printemps 2012, dans un hôtel de l'est parisien.

Elle avait ensuite fait évoluer sa version des faits, évoquant alors la date du 26 mai 2012 et un lieu précis: l'hôtel Crowne Plaza de la place de la République à Paris.

Mais les enquêtes menées par la brigade criminelle ont mis en doute ce nouveau témoignage, en concluant qu'elle se trouvait alors au mariage de son demi-frère à Rouen, à 130 km au nord-ouest de la capitale française.

"Elle a recherché des dates. Elle a eu tort parce qu'elle aurait dû dire finalement: +Je ne sais pas+", a réagi après la confrontation Me Francis Szpiner, l'avocat de la plaignante.

"Mais ça ne remet pas en cause l'essentiel. (...) Elle dit qu'il l'a violée et elle a maintenu ses accusations face à M. Ramadan", a-t-il ajouté.

Pour sa part, le conseil de M. Ramadan, Me Emmanuel Marsigny, a indiqué qu'il allait formuler une nouvelle demande de remise en liberté pour son client.

"Il n'y a plus pour moi de dossier Ayari puisque on est incapable de savoir quand et où le prétendu viol aurait eu lieu. Reste maintenant la question de la remise en liberté de M. Ramadan que je vais déposer bien évidemment dès aujourd'hui", a-t-il déclaré après la confrontation.

Deux autres femmes accusent en France Tariq Ramadan de les avoir violées. Pour la première, surnommée Christelle, le théologien est aussi inculpé. Concernant la seconde, Mounia Rabbouj, il est pour le moment placé sous le statut intermédiaire de témoin assisté.

Le théologien musulman nie vigoureusement tout viol. Il a cependant reconnu avoir eu une relation extraconjugale avec Mme Rabbouj, ancienne escort-girl, protagoniste du procès pour proxénétisme de l'hôtel Carlton aux côtés de l'ancien directeur du Fonds monétaire international (FMI), le Français Dominique Strauss-Kahn.