International Les Vingt-huit ont, entre autres, validé la création d’un QG militaire.

Une semaine avant le sommet de l’Otan, l’Union européenne a voulu montrer, jeudi, qu’elle s’appliquait, de son côté, à développer sa stratégie de sécurité et de défense, jeudi, à Bruxelles. "On a beaucoup parlé des divisions au sein de l’Union et de son incapacité à prendre des décisions. Aujourd’hui, nous avons pris toute une série de décisions importantes à vingt-huit, à une vitesse assez remarquable", a vendu la Haute Représentante pour la politique étrangère de l’UE, Federica Mogherini, à l’issue de la réunion des ministres européens de la Défense.

Mini-QG militaire

Dans les faits, les résultats de cette réunion tiennent plus dans la réaffirmation d’engagements que dans l’adoption de mesures concrètes spectaculaires.

Au niveau nouveauté, on épinglera toutefois qu’est désormais (presque) acquis l’établissement d’une Capacité militaire de planification et de conduite (MPCC). Pour le dire autrement : un QG militaire opérationnel européen, appellation dont les Britanniques ne voulaient pas entendre parler. On ne parle pas ici de créer un Pentagone, ni même un Pentagoneke européen.Forte d’une trentaine de personnes, la MPCC assurera le commandement des missions militaires "non exécutives" menées dans le cadre de la Politique de sécurité et de défense commune. Il existe déjà trois missions non combattantes de ce type, visant à former les forces des pays où elles opèrent : en Somalie, en République centrafricaine et au Mali.

"La décision politique (de créer le MPCC) est là", a défendu Mme Mogherini. Toutefois, le travail légal n’étant pas achevé, il est juste mentionné dans les conclusions de la réunion que "le Conseil se réjouit de la mise en place effective, comme objectif à court terme", de la MPCC.

Parmi les autres sujets en discussion figurait le renforcement des outils de réaction rapide de l’UE, dont les groupements tactiques. Existant depuis dix ans, ces derniers n’ont jamais été déployés notamment en raison d’obstacles financiers. L’UE entend donc réviser le mécanisme de financement Athena, d’ici fin 2017.

Enfin, les Vingt-huit ont discuté de la structure permanente de coopération en matière de sécurité et de défense (Pesco). Ils ont trouvé un accord sur une gouvernance "en deux couches" de la Pesco : la coordination générale au niveau du Conseil, où tous les Etats membres sont présents, et un niveau "projets et initiatives", où ne seront représentés que les pays volontaires. Pour la Haute Représentante, il s’agit là du "principal résultat politique de cette réunion".

Reste encore à voir, concrètement, quels seront ces projets et initiatives. "On ne sait toujours pas très bien à quoi ça sert. La valeur ajoutée n’apparaît pas clairement", glisse un diplomate, qualifiant la Pesco "d’ensemble mou de projets intégrateurs". C’est déjà ça.