International Si l'Uruguay s'est qualifié mercredi pour le deuxième tour de la Coupe du Monde, il y a aussi un autre domaine où elle cartonne: en économie.

Les amateurs de football connaissent évidemment l'Uruguay pour ses stars comme Cavani ou Suarez, ou pour son histoire en Coupe du Monde.

Cette fois-ci, la "Céleste" ne s'est pas loupée et a déjà composté son billet pour le prochain tour du Mondial. En plus de bien figurer dans la plus grande compétition de football au monde, l'Uruguay connaît une croissance économique sans interruption depuis 15 ans. Un petit "exploit" pour un pays de 3,4 millions d'habitants enclavé entre les deux mastodontes du continent sud-américain: le Brésil et l'Argentine.

Des résultats économiques sans précédent

En 2017, l'Uruguay affichait une croissance de 2,7 %. C'est bien simple, depuis 15 ans le pays n'a cessé de connaître la croissance. Il faut remonter 16 ans en arrière pour trouver les prémices de cette réussite économique. A l'époque, l'Argentine est en faillite. Les ménages et les entreprises argentins décident alors de retirer leur argent des banques uruguayennes. Le pays est au bord de la banqueroute et ne doit son salut qu'à un plan de sauvetage du FMI.

Le coalition politique au pouvoir en 2005 (le FA, Fente Amilio, est composé de divers partis de gauche), décide alors de diversifier l'économie du pays et de se couper, autant que possible, de ses gigantesques voisins. "Sous la direction des présidents Tabaré Vazquez et José Mujica, ont été introduits des régimes fiscaux spéciaux et des zones économiques afin d'attirer les investissements", détaille The Economist. Les résultats sont clairs et précis: les exportations vers le Brésil et l'Argentine ont chuté de 37 % à 21 % en 15 ans.

Une diversification des investissements et une taxation avantageuse

L'une des clés de ce succès résulte aussi dans la capacité de cette économie à s'être diversifiée dans des secteurs importants. Par exemple, le nombre d'investissements de l'Etat dans les sciences et la technologie ont grimpé de 73 % en 12 ans. L'Uruguay a été le premier pays d'Amérique du Sud a instauré "la traçabilité électronique de l'exportation de viande," rajoute le média britannique. Ceci a eu comme effet de rassurer les consommateurs quant aux questions sanitaires. Aujourd'hui, l'Uruguay exporte plus de viande que l'Argentine, un pays de 43 millions d'habitants.

De plus, pour attirer les investisseurs, les autorités n'ont pas hésité à abaisser les taxes. Une formule qui a fait ses preuves puisqu'en 12 ans, la classe moyenne uruguayenne a grimpé de 39 % à... 71 %. "L'Uruguay a maintenant le plus haut revenu de toute l'Amérique latine."

Un bémol: une économie trop dépendante des exportations

Tout n'est toutefois pas parfait dans ce pays considéré comme la "Suisse" de l'Amérique du Sud. Depuis 2015, la croissance a un petit peu ralenti et n'a toujours pas retrouvé son ancien niveau. L'économie de ce pays semble trop dépendant des exportations. Celles-ci représentent environ 20 % du PIB. L'inflation (7 %) et le déficit budgétaire (3,5 %) demeurent trop élevés. Le marché du travail est trop rigide, le système d'éducation a besoin de réforme et la population est vieillissante.

La partie rurale de l'Uruguay réclame en outre un abaissement des taxes et une électricité moins chère. La popularité du gouvernement a d'ailleurs chuté de 27 points alors que les prochaines élections législatives auront lieu l'année prochaine.