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Le Premier ministre Charles Michel a conditionné vendredi l'accueil que la Belgique pourrait octroyer à des migrants secourus en mer et hébergés dans des "centres d'accueil contrôlés" à la révision du règlement de Dublin, qui doit assurer la solidarité de tous les États membres de l'Union à cet égard. L'une des principales nouveautés de l'accord des 28 atteint cette nuit sur la migration porte sur la création, dans les pays méditerranéens sur le territoire de l'Union, de centres "contrôlés" d'accueil des migrants secourus en mer.

Ces installations seront implantées dans des États membres "volontaires" et permettront de distinguer rapidement les personnes éligibles à l'asile et les migrants économiques, qui devraient être à terme renvoyés.

Les personnes susceptibles de bénéficier d'une protection internationale seront quant à elles réparties depuis ces lieux vers d'autres pays de l'Union européenne, eux aussi "volontaires".

Interrogé par Belga sur la disponibilité de la Belgique à figurer parmi les pays volontaires pour l'accueil de ces candidats réfugiés, M. Michel a répondu que cela se ferait "lorsque des réformes de Dublin seront validées par tout le monde".

"Alors il y aura un équilibre entre la responsabilité et la solidarité", a ajouté le Premier ministre.

M. Michel rappelle que les règles de Dublin, qui confèrent la responsabilité de l'accueil aux États dits de première entrée dans l'Union, n'ont pas été modifiées par l'accord de cette nuit.

Ces pays, le plus souvent l'Italie, la Grèce et l'Espagne, doivent donc assumer leur responsabilité, "d'autant qu'il n'y a pas actuellement de situation de crise quant au nombre de personnes qui rejoignent l'Europe", a souligné Charles Michel. "Au contraire, on observe une réduction très substantielle de ce nombre de personnes".

Dès lors, "l'opération de ces derniers jours avec les Pays-Bas et le Luxembourg ne doit pas être renouvelée avant qu'on ait réformé Dublin", a affirmé le chef du gouvernement belge.

Il fait ici référence à l'accord que les trois pays du Benelux ont donné, avec cinq autres pays (Malte, Italie, France, Espagne, Portugal), à l'accueil de plusieurs migrants secourus sur le navire humanitaire Lifeline, affrété par une ONG allemande.