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Le gouvernement bulgare compte s'opposer à d'éventuelles sanctions européennes contre la Hongrie, visée par le lancement d'une procédure européenne exceptionnelle pour "risque" de violation de l'Etat de droit, a annoncé mercredi le vice-Premier ministre Krassimir Karakatchanov. De telles sanctions, sur lesquelles les Etats membres n'auraient à se prononcer qu'au terme d'un long processus, "constitueraient une violation de la souveraineté d'un pays de l'Union européenne", a estimé ce responsable issu d'une formation nationaliste alliée à la droite bulgare.

M. Karakatchanov a indiqué que l'ensemble du gouvernement du Premier ministre conservateur Boïko Borissov soutenait cette proposition de veto. Elle devrait être entérinée sans difficulté au parlement de Sofia où non seulement la majorité gouvernementale, mais aussi l'opposition socialiste, est favorable à la politique de Viktor Orban.

Après le vote du parlement européen, la semaine dernière, activant la procédure contre le gouvernement hongrois, la Pologne avait fait savoir qu'elle s'opposerait à d'éventuelles sanctions finales.

Cinq des six eurodéputés bulgares du parti Gerb de M. Borissov se sont prononcés contre la procédure et une s'est abstenue. Les deux députés nationalistes bulgares ont aussi voté contre.

Le vice-Premier ministre s'est aussi inquiété que la Bulgarie puisse à son tour faire dans l'avenir l'objet de rappels à l'ordre de l'UE.

"Si la Hongrie est visée aujourd'hui et que des tentatives de sanctionner la Pologne ont été faites, la Bulgarie pourrait faire objet un jour d'une proposition pareille", a-t-il déclaré.

Sofia est régulièrement critiquée par la Commission européenne pour l'inefficacité de sa justice face à la corruption.