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Le parlement de Catalogne a voté vendredi en faveur de la résolution exhortant l'exécutif régional à déclencher la sécession de la région, mais cela ne signifie pas que la Catalogne devient effectivement indépendante. "Ca ne va pas changer grand-chose. La communauté internationale ignorera cette déclaration d'indépendance et la Catalogne va devenir un paria international", estime le professeur en politique européenne, Hendrik Vos (UGent). Le vote du parlement catalan lance officiellement le processus de transformation de la Catalogne en "Etat indépendant sous forme de République". Le parlement a également mandaté le gouvernement pour négocier la reconnaissance de l'indépendance à l'étranger mais, selon le professeur Vos, cela n'aboutira à rien.

"La communauté internationale va ignorer cette déclaration d'indépendance. La Catalogne ne sera reconnue comme Etat indépendant par aucun pays et deviendra un paria international", insiste le professeur. La Flandre ne se risquera pas non plus à le faire, malgré la sympathie qu'elle éprouve pour la Catalogne, précise Hendrik Vos. "En faisant cela, on ferait trembler les piliers de l'Union européenne, personne ne se prendrait un tel risque".

La résolution catalane va par contre continuer à faire des remous en Espagne, selon M. Vos. "Ça n'est pas bon. Il faudra de toute façon, un jour ou l'autre, accepter de dialoguer entre Catalans et Espagnols. Ce genre de dramatisation est peut-être utile pour avancer. Mais je pense que de nouvelles élections seront nécessaires en Catalogne afin que tous les partis puissent prendre un nouveau départ".


"Une résolution ayant peu de valeur juridique"

La résolution exhortant l'exécutif régional catalan à déclencher l'indépendance de la région, "n'a que peu de valeur juridique", selon le professeur Luk Van Langenhove (VUB). "La Constitution espagnole ne l'autorise pas". En outre, une telle déclaration n'a de sens que si elle est reconnue par suffisamment d'autres nations "et je ne vois les choses se passer ainsi rapidement", poursuit le professeur.

Cette résolution ne change rien en soi, précise M. Van Langenhove, professeur à l'Institut d'Etudes européennes de la VUB.

"La résolution n'a en soi que peu de valeur juridique car la Constitution ne l'autorise pas. De plus, de nombreux partis avaient quitté l'hémicycle au moment du vote", selon Luk Van Langenhove. Une telle déclaration, même si elle entrait dans le cadre de la Constitution, n'aurait de valeur que si suffisamment d'Etats reconnaissaient l'indépendance. "Et je ne vois pas les choses se passer ainsi rapidement. Certainement pas au sein de l'Union européenne", dit-il. "Cela s'avèrera probablement un coup dans l'eau".

La démarche catalane aura par contre un impact économique important, estime encore Luk Van Langenhove. "L'économie va en souffrir, surtout en Catalogne, mais aussi en Espagne et, peut-être, dans toute l'UE".

Selon le professeur Van Langenhove, la résolution va exacerber les tensions en Catalogne. "Madrid va devoir maintenant mettre en oeuvre l'article 155 de la Constitution (autorisant la mise sous tutelle de la Catalogne, ndlr) avec beaucoup de prudence. Arrêter le président catalan Puigdemont ou prendre d'autres mesures brutales seraient une grosse erreur".