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Les cahutes rouge sombre, serrées les unes contre les autres, ont remonté le flanc des collines, conférant à cette vallée du Sichuan une allure tout à fait spectaculaire. Si ses détracteurs y voient un bidonville à assainir, Larung Gar est surtout un incomparable institut d’enseignement du bouddhisme tibétain. Cet endroit, inédit par son ampleur, en déplace, des foules : des laïcs, des nonnes et des moines; des Tibétains, des Chinois et des étrangers. Tous attirés par les enseignements dispensés dans cette vallée reculée située à 4 000 mètres d’altitude. Entre 8 000 et 20 000 personnes y vivraient - leur nombre fluctue et les évaluations varient. Ce campement offre à ses adeptes la possibilité de pratiquer librement, dans un contexte de contrôle accru, voire de répression, de la religion en Chine.

Cela ne pouvait visiblement plus durer. Envoyés par les autorités communistes, des ouvriers armés de pelleteuses ont récemment entamé la démolition des habitations des abords de la communauté, en attendant de s’attaquer à son cœur. Les cabanes à abattre, habitées par des nonnes et des personnes âgées surtout, ont déjà été marquées. Mais aucun observateur extérieur ne pourra en témoigner : les étrangers se voient refuser l’accès au site, qui restera probablement fermé durant douze à dix-huit mois.