International En Chine, si vous êtes mal coté dans le système de "crédit social", vous ne pourrez plus acheter de ticket de train ou d'avion pendant un an, et ce, à partir du mois de mai. Cette sanction émane de la Commission Nationale du Développement et de la Réforme. Ceux qui ont, notamment, diffusé de " fausses informations sur le terrorisme, causé des problèmes sur des vols ou utilisé des billets expirés" seront passibles de cette interdiction. 

D'après les informations du Sydney Morning Herald, près de neuf millions de personnes ont été interdites d'acheter des billets d'avion et trois millions d'acheter des billets de train "business class". 

En 2014, le gouvernement chinois avait lancé le projet de "crédit social", un système qui permet de récompenser les citoyens pour leurs bons comportements ou de les sanctionner pour les mauvais. Via un système de point, les citoyens chinois sont donc mieux ou moins bien notés que les autres. En plus de possibles interdictions aux transports publics, le système pourra décider de votre accès aux logements, aux services d'Etat ou encore à l'octroi d'un prêt.

Chaque fait et geste de 1,3 milliard de Chinois sont rassemblés dans un fichier unique et individuel. Ce fichier contient également des données sur le parcours scolaire, la santé, les données partagées et les conversations sur internet ou encore votre situation financière. 

Une note qui conditionne votre futur

Ce programme de notation morale sera "ouvert" et consultable par tout le monde. Si un employeur décide de se renseigner sur une personne sollicitant un emploi, il déterminera en fonction du profil s'il peut être engagé ou pas. Mais le système possède également un côté opaque puisque les personnes dites "blacklistées" ne sont elles-mêmes pas au courant de leur présence sur cette liste noire.

Les bons élèves sont ceux qui, par exemple, participent à l'économie nationale en achetant des produits fabriqués en Chine, sont efficaces au travail, bref si ce sont de véritables modèles de la société chinoise.

Les mauvais élèves, eux, perdront des points s'ils commettent des infractions du code de la route ou s'ils passent trop de temps sur les jeux vidéo, considérés comme des personnes "oisives". Si votre "score" est trop bas, vous subirez des sanctions.

Un système obligatoire d'ici 2020

Cette nouvelle application de surveillance gouvernementale, bien réelle, semble tout droit sortie de la série Black Mirror. Mais pour le gouvernement chinois, ce système est un " moyen souhaitable de mesurer et de renforcer la confiance à l'échelle nationale et de construire une culture de sincérité".

Ce système, en évaluation depuis 2014, devra être opérationnel d'ici 2020 à l'heure où les géants Facebook et Google sont sous le feu des projecteurs à cause de la collecte des données de leurs utilisateurs. Dès 2020, chaque citoyen devra se soumettre à ce système mais également toute personne morale. En effet, les entreprises qui n'ont pas payé leurs amendes ou la sécurité sociale seront soumises à des restrictions.

Actuellement le système tourne sur base volontaire. Les citoyens ont la possibilité de s'inscrire à cette phase "test". Cette volonté de s'inscrire à un programme de surveillance gouvernementale trouve peut-être sa source dans les "récompenses" et les "privilèges sociaux" que les citoyens peuvent gagner. 

D'après les propos du directeur de la Commission, le système va évoluer et permettre " d'augmenter l'intensité des récompenses et des sanctions afin que les personnes malhonnêtes soient punies et les personnes loyales motivées".