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Le président américain Barack Obama et les démocrates du Congrès tentent d'endiguer la colère des électeurs à moins de cinq mois des élections, en dénonçant une complicité des républicains avec Wall Street et BP, responsable de la marée noire du golfe du Mexique.

Les démocrates espèrent que la colère contre les puissants, dont les comportements irresponsables" ont engendré une grave crise financière et une marée noire sans précédent, sera suffisamment forte en novembre prochain pour faire oublier aux électeurs à quel point ils sont furieux contre les responsables politiques de Washington.

"Les républicains viennent travailler chaque jour afin de se battre pour leurs amis aux intérêts particuliers, pour les grandes entreprises, les multimillionnaires, les milliardaires, les PDG qui délocalisent", a lancé vendredi devant le Sénat le chef de la majorité démocrate, Harry Reid.

Mais la stratégie, déjà employée par le passé, ne présente aucune garantie de succès.

"C'est ce que les démocrates essaient de faire, mais on ne peut changer la réalité que jusqu'à un certain point", explique Matt Dickinson, professeur de sciences politiques au Middlebury College dans le Vermont (nord-est).

"La réalité, c'est qu'ils (les démocrates) sont au pouvoir à un moment où les choses ne vont pas à merveille", a précisé à l'AFP M. Dickinson en soulignant les chiffres du chômage comme un facteur dominant.

Dans le camp républicain, l'approche des démocrates n'inquiète pas.

"Ils n'ont aucune chance de détourner la colère contre Washington alors que le Congrès accumule des milliers de milliards de dollars de dette nationale et que le pétrole continue de s'écouler" dans le golfe du Mexique, a déclaré Don Stewart, le porte-parole du chef de la minorité républicaine du Sénat Mitch McConnell.

M. McConnell a déclaré cette semaine que les Américains "exaspérés" étaient à la "recherche de solutions" sur l'économie, la marée noire, mais qu'ils n'en obtenaient "aucune de la part de Washington".

Après plusieurs semaines difficiles en raison de la marée noire, les démocrates ont reçu un cadeau politique de la part d'un élu républicain qui a dit avoir "honte" de la pression opérée par la Maison Blanche sur BP pour obtenir la création d'un fonds de 20 milliards de dollars pour les victimes de la catastrophe.

"Je présente mes excuses", a déclaré jeudi le représentant républicain du Texas (sud) Joe Barton au directeur général de BP Tony Hayward. M. Barton a estimé qu'il s'agissait d'une "extorsion de fonds" de la part de la Maison Blanche.

Les chefs républicains de la Chambre l'ont obligé à revenir sur ses commentaires, mais les démocrates ont saisi la perche. "Pendant que des gens souffrent dans le golfe à cause de BP, les républicains du Congrès présentent leurs excuses", a déploré jeudi la présidente de la Chambre des représentants Nancy Pelosi.

Reste que selon des sondages récents, une grande majorité d'électeurs américains sont déterminés à ne pas renvoyer à Washington leur représentant.