International

Peu connu à l'étranger, Bo Yibo, décédé lundi soir à Pékin à l'âge de 98 ans, comptait pourtant parmi les figures historiques du régime communiste chinois. C'était un des derniers survivants de la génération qui fonda la République populaire en 1949.

Entré au Parti communiste dès 1925, soit quatre ans après sa création, Bo Yibo passait pour un de ses "Huit Immortels", en référence aux huit génies de la mythologie taoïste. De ce groupe qui réunissait, outre Bo Yibo, Deng Xiaoping, Chen Yun, Yang Shangkun, Li Xiannian, Peng Zhen, Wang Zhen et Song Renqiong, il était le seul encore en vie.

Né en 1908 dans la province de Shanxi, sur les arides plateaux du Nord, Bo Yibo s'illustra pendant la guerre dans les commandos suicides qui harcelaient l'occupant nippon. Il obtint ensuite le ralliement à l'Armée populaire de libération du seigneur de la guerre Yen Hsi-shan, qui régnait sur le Shanxi, un soutien de poids dans la lutte contre les nationalistes de Chiang Kai-shek.

Dans le gouvernement communiste, Bo Yibo s'occupa des finances, avant de s'opposer à la collectivisation forcée de l'économie et d'entrer en conflit avec Mao. Il fut, comme les autres "Immortels", purgé pendant la Révolution culturelle, endurant des conditions de détention pénibles. Sa femme sera battue à mort et ses enfants seront "rééduqués" à la campagne.

Avec la mort de Mao en 1976 et le retour de Deng Xiaoping au pouvoir deux ans plus tard, Bo Yibo reprendra du service. Dans la politique de réformes et d'ouverture qui sera alors menée, il incarnera, aux côtés de Chen Yun, une tendance plus conservatrice.

Un de ses fils, Bo Xilai, se fera par contre, le chantre d'une approche plus libérale dans la ville de Dalian (ex-Mandchourie), dont il sera le maire, avant de devenir ministre du Commerce.