La douche froide, pour Hollande

Bernard Delattre Publié le - Mis à jour le

International Correspondant permanent à Paris

Spectaculaire douche froide, pour François Hollande. Mardi soir, le très sérieux Institut national de la statistique (Insee) a publié une note de conjoncture montrant que les indicateurs socio-économiques sont dans le rouge - historiquement.

En mai, le chômage a crû pour le treizième mois consécutif, crû avec une ampleur (+1,2%) sans précédent depuis le début 2010. Jamais depuis 1999 on n’avait compté autant de sans-emploi : 2,9 millions si l’on s’en tient aux seuls chômeurs complets, 4,6 millions si l’on englobe l’outre-mer et les chômeurs partiels. Cela porte le taux de chômage autour de 10 %. Et ce taux n’est pas près de baisser, puisqu’il faudrait une croissance quatre fois supérieure à celle attendue en 2012 (0,4 %) pour, simplement, stopper la hausse du chômage.

Pour 2012, l’Insee prévoit aussi un pouvoir d’achat en régression (-1,2 %). C’est du jamais vu depuis 28 ans. Depuis 1984 : l’année qui avait suivi le mémorable tournant de la rigueur, auquel s’étaient résolus François Mitterrand et Pierre Mauroy.

Depuis mardi soir, l’UMP fait preuve d’une inhabituelle discrétion médiatique, à propos de ces chiffres. Qui, il est vrai, écornent le bilan sarkozyste.

Car, pour l’Insee, l’écroulement du pouvoir d’achat en 2012 sera dû davantage aux impôts et charges imposés en 2011 par le gouvernement Fillon (11 milliards) qu’aux mesures similaires attendues de l’équipe Ayrault (2,5 milliards).

Et car la dégringolade de l’emploi a notamment été causée par le désinvestissement des pouvoirs publics, ces dernières années, dans l’accompagnement des chômeurs.

En moyenne, un conseiller de Pôle Emploi (l’administration ad hoc) suit, non 125 chômeurs, comme il était affirmé jusqu’à présent, mais 161 - "300 chômeurs même, parfois", a assuré mercredi le syndicat (modéré) CFDT. En 2010, déjà, l’Inspection des finances s’était alarmée de la "large sous-dotation" en effectifs du service public de l’emploi. Elle avait noté que, pour s’occuper de 10 000 chômeurs, l’Allemagne mobilisait 420 fonctionnaires, le Royaume-Uni 221, et la France 215 seulement.

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