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Les dirigeants de la France et des trois pays du Benelux se sont présentés mercredi en front uni pour avancer une solution "progressiste et efficace" à la question migratoire européenne à l'occasion du sommet informel de Salzbourg du 20 septembre prochain, disant compter aussi sur le soutien de Mme Merkel pour contrer les nationalistes et les populistes. "Nous porterons des solutions concrètes pour le sommet de Salzbourg, des solutions progressistes qui sont aussi les plus efficaces, sans aucune naïveté", a assuré le président français Emmanuel Macron, invité au château de Bourglinster par le Premier ministre luxembourgeois Xavier Bettel aux côtés des dirigeants belge Charles Michel et néerlandais Mark Rutte, pour préparer ce sommet.

Salzbourg sera l'occasion, a enchaîné M. Michel, "de démasquer les contradictions dans le camp des populistes européens, qui se présentent unis sur des solutions simplistes, mais sont en réalité totalement opposés et donc inefficaces".

Il note ainsi que le ministre italien de l'Intérieur, Matteo Salvini (Lega, extrême-droite), réclame aux autres États membres une prise en charge plus grande de la répartition des migrants, tandis que le Premier ministre hongrois Viktor Orban rejette toute forme de solidarité à cet égard.

"Les populistes, les extrémistes qui haïssent le projet européen sont rassemblés par l'inefficacité des projets qu'ils portent", selon M. Michel.

Les quatre dirigeants veulent désormais accélérer la mise en oeuvre des grands principes décidés lors du sommet européen de juin dernier à Bruxelles, qui passent par une coopération avec les pays d'origine et de transit, notamment en matière de développement (M. Michel parle d'un "Plan Marshall pour l'Afrique" discuté avec les dirigeants de ces pays), une meilleure protection des frontières extérieures de l'UE, un renforcement de la lutte contre les trafiquants d'êtres humains, une responsabilité confirmée des pays de première entrée mais aussi une solidarité des autres États membres avec ces derniers, afin qu'ils n'assument pas seuls la charge des arrivées.

Le quatuor dit compter sur le soutien de la chancelière allemande Angela Merkel, que M. Macron recevra d'ailleurs ce vendredi à Marseille. En la matière, "l'action de la chancelière est totalement du côté des progressistes", a affirmé le président français.

Il n'en attend pas moins que le PPE - l'alliance européenne des partis conservateurs qui associe notamment la dirigeante allemande et le chef de gouvernement hongrois - "clarifie ses positions" sur l'immigration et le respect de l'État de droit, car "on ne peut pas être à la fois du côté de Mme Merkel et de celui de M. Orban".

Si les trois chefs de gouvernement libéraux et le président français, dont le parti La République en Marche n'a pas encore trouvé sa place dans un groupe politique au Parlement européen, se sont présentés soudés, ils ne se sont en revanche pas étendus sur le rapprochement possible de leurs formations politiques en vue d'une alliance future.

"Il faudra une clarification le moment venu", a commenté M. Michel, renvoyant aux résultats des prochaines élections européennes.

Le quatuor a aussi discuté, entre autres sujets internationaux, du projet de taxation des géants du numérique, les "GAFA". A cet égard, Xavier Bettel a répété sa volonté d'une réglementation à l'échelle de l'OCDE pour éviter d'éroder la compétitivité de l'UE.

Mais vu l'impossibilité d'aboutir rapidement au niveau de l'OCDE, le Luxembourgeois s'est montré ouvert à une taxation européenne limitée dans le temps, sur laquelle les ministres européens de Finances pourraient avancer dans les tout prochains jours.