International

En février, le Français Benoît Hamon, candidat d’un Parti socialiste en plein naufrage, venait chercher l’inspiration à Lisbonne, foyer d’une gauche rassemblée qui croque le pouvoir à pleines dents. Avant lui, le socialiste espagnol Pedro Sanchez, son compatriote de la gauche radicale Podemos Pablo Iglesias, des jeunes du Parti travailliste néerlandais (PvdA) ou encore le chef de file des Socialistes et Démocrates européens, Gianni Pittella, ont défilé au Portugal pour étudier de près la “geringonça”, cette formule “brinquebalante” d’un gouvernement socialiste minoritaire, soutenu par deux partis d’extrême gauche.

C’est qu’il y a de quoi envier le bilan politique et financier du Portugal, même si le pays n’a pas tourné la page des difficultés économiques. Lorsqu’en 2015, le leader socialiste Antonio Costa parvenait à obtenir le soutien du Parti communiste et du Bloc de gauche pour gouverner, après des années passées à se regarder en chiens de faïence, les paris allaient bon train sur son échec imminent. Les orthodoxes de la rigueur, Allemagne et Commission européenne en tête, s’arrachaient les cheveux face à ce ménage à trois décidé à tourner le dos à l’austérité. Et le Premier ministre sortant Pedro Passos Coelho se frottait les mains à l’idée de voir M. Costa jeter l’éponge face à la réalité économique d’un pays à peine affranchi de la tutelle de ses créanciers internationaux.