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La Grèce doit examiner la légalité de la formation néonazie Aube dorée et lutter contre la banalisation des discours et actes xénophobes, a plaidé le Commissaire européen aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe dans un entretien publié dimanche par To Vima.

Annonçant une visite prochaine centrée sur la multiplication des violences xénophobes dans le pays, le Commissaire, Nils Muiznieks, souligne que nombre des cas rapportés à ses services "mettent en cause des membres d'Aube dorée" (Chryssi Avghi), dont 18 députés ont fait irruption au parlement, avec 7% des voix, à l'issue des dernières législatives du 16 juin.

Cette formation "est plus ouvertement extrémiste et nazie dans ses opinions que n'importe quel autre parti en Europe", s'inquiète-t-il auprès de l'hebdomadaire de centre gauche To Vima.

En matière de légalité, "la question se pose de savoir si Aube dorée sert le libre fonctionnement du régime démocratique", s'interroge-t-il, en invoquant la constitution grecque, qui assigne aux partis politiques de servir le régime démocratique.

Les agressions contre les migrants et réfugiés "sont liées au discours raciste diffusé par Aube Dorée (...) le danger le plus important est que ce discours et ces attaques soient considérés comme des phénomènes +normaux+ (...) donnant le sentiment à leurs auteurs qu'ils jouissent du soutien de la société", met-il aussi en garde.

Il réclame "une enquête minutieuse sur les éventuelles collusions entre Aube dorée et la police", considérées comme avérées en Grèce et dénoncées en 2009 par le ministre alors responsable des forces de l'ordre, Mihalis Chryssohoïdis. Dans un rapport-réquisitoire intitulé "la haine dans les rues", l'ONG de défense des droits de l'Homme Human Rights Watch avait déjà demandé mardi des "mesures immédiates" à Athènes contre la propagation de la violence xénophobe, dénonçant "l'inaction policière" mais aussi l'inertie judiciaire et politique qui garantissent jusque-là son impunité.