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Le différend, vieux de 27 ans, entre la Grèce et la Macédoine concernant le nom de l'ancienne république yougoslave ne pourra pas être résolu sans une révision de la constitution macédonienne intégrant le changement d'appellation, a déclaré samedi le Premier ministre grec Alexis Tsipras. 

Deux jours après une rencontre avec son homologue macédonien Zoran Zaev qui avait laissé entrevoir la possibilité d'un accord en juin, M. Tsipras a souligné qu'une révision de la Constitution de la Macédoine, destinée à éliminer "toutes les formes d'irrédentisme" était "une condition préalable nécessaire" à l'ouverture de négociations sur cette question.

Le gouvernement grec n'entamera pas "de négociations spécifiques" avec la Macédoine si ces conditions ne "sont pas remplies en premier lieu", ont ajouté les services du Premier ministre dans un communiqué.

Jeudi, le Premier ministre macédonien avait indiqué qu'une "solution acceptable" avait été trouvée avec son homologue grec dans ce dossier qui bloque le processus d'adhésion de la Macédoine à l'Union européenne et à l'Otan.

La querelle sur le nom de la Macédoine remonte à 1991, lorsque Skopje a proclamé son indépendance de l'ex-Yougoslavie.

La Grèce conteste le nom de République de Macédoine, sa province septentrionale portant également le nom de Macédoine, ce qui selon elle pourrait donner lieu à des ambitions territoriales.

Mais même avec le soutien de partis de la minorité albanaise, le gouvernement de M. Zaev ne dispose pas de la majorité parlementaire nécessaire à une révision de la Constitution intégrant un changement de nom.

Athènes a indiqué qu'elle n'accepterait un compromis sur un nom que dans le cadre d'un accord plus large englobant d'autres questions, comme l'appellation de la langue macédonienne.

"Dans ces négociations, soit vous vous mettez d'accord sur tout, soit sur rien", a déclaré M. Tsipras, laissant ouverte la possibilité d'une nouvelle rencontre avec M. Zaev début juin.

L'échéance cruciale est la réunion le 25 juin des ministres des Affaires étrangères de l'UE qui doivent décider d'une date possible pour le début de négociations d'adhésion de la Macédoine, a relevé M. Tsipras.