La guerre des chefs est lancée à l'UMP

Bernard Delattre, correspondant à Paris et rédaction en ligne Publié le - Mis à jour le

International

Jour J à l’UMP. Ce mardi est la date limite fixée par le parti sarkozyste pour le dépôt des parrainages exigés des candidats prétendant à sa présidence. L’on saura donc d’ici à ce soir quels sont les compétiteurs dont la candidature est validée.

La bataille pour la tête du parti devrait se réduire à un duel entre le secrétaire général sortant, Jean-François Copé, et l’ex-Premier ministre François Fillon.

Trois autres personnalités souhaitant candidater – les ex-ministres Bruno Le Maire et Nathalie Kosciusko-Morizet, et Henri Guaino, qui fut conseiller spécial de Nicolas Sarkozy à l’Elysée – ont échoué à réunir les 7 924 parrainages d’adhérents exigés par les statuts du parti. Seule femme en course, Nathalie Kosciusko-Morizet, qui rêvait d'incarner une "troisième voie", a reconnu dans la matinée qu'elle n'était pas qualifiée, ayant obtenu un peu moins de 7.000 parrainages. Henri Guaino, ex-conseiller de Nicolas Sarkozy, a admis un peu plus tard qu'il n'avait pas non plus les parrainages requis, sans pour autant jeter complètement l'éponge. Et Bruno Le Maire n'est pas candidat à la présidence de l'UMP, n'ayant pu réunir le nombre de parrainages d'adhérents requis. "J'ai déposé ce matin 7.175 parrainages", a-t-il précisé sur BFM-TV. Il lui en aurait fallu 7.924. "Ca ne me permet pas effectivement de me présenter", a-t-il reconnu.

Dimanche, un quatrième prétendant putatif, l’ex-ministre Xavier Bertrand, a déclaré forfait, se réservant pour la primaire interne (en 2016) pour la présidentielle (de 2017). Quant aux barons Alain Juppé, Jean-Pierre Raffarin ou Jean-Claude Gaudin, ils ont prudemment évité de concourir.

Il est vrai que, avant même l’officialisation, ce mardi, de son entame, le duel Copé-Fillon, à défaut de divergences de fond – idéologiquement, les deux se réclament pareillement de Nicolas Sarkozy – a tourné à la guerre peu fraternelle des petites phrases. Et à la saga peu glorieuse des ralliements opportunistes parfois jusqu’à la caricature ( voir l’ex-ministre Rachida Dati : pro-Copé parce que François Fillon lui a pris sa place législative à Paris).

Une telle foire d’empoigne, si elle hystérise les commentateurs, indiffère assez largement l’opinion. Et elle agace la base UMP. Où, à l’instar des candidats qui seront probablement recalés ce mardi, cette procédure de sélection est jugée excessivement “verrouillée” (dixit Henri Guaino, la semaine dernière).

Une procédure qui, pourtant, fut dûment et démocratiquement votée par les instances du parti, à l’époque. Un identique paradoxe caractérise la succession en cours, au Parti socialiste, de Martine Aubry. Le n°2 sortant, Harlem Désir, vient d’être désigné comme dauphin par le trio Aubry-Hollande-Ayrault, pour éviter des guerres fratricides au congrès d’octobre, qui ratifiera ce choix. A l’UMP comme au PS, ces dernières semaines, ces procédures de succession ont été qualifiées de “nord-coréennes” par leurs détracteurs, qui les jugent opaques et cadenassées. Cette même critique de part et d’autre pourrait annoncer des contestations, demain, dans chacun de ces deux partis, de la légitimité de leur futur n°1.

Autre similitude de ces deux processus de succession : leur absence d’enjeu politique majeur. Car, au PS, le n°1 du parti pèse de peu de poids face au Président et au Premier ministre. Et car, à l’UMP, l’issue, dans un sens ou dans un autre, du probable duel Fillon-Copé ne fournira pas de grille de lecture pour savoir qui sera le candidat de la droite à la présidentielle de 2017. Etant entendu que, bien sûr, tout dépendra du retour ou non, d’ici là, de Nicolas Sarkozy.

© La Libre Belgique 2012
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