International Le père d’une recrue repentie du groupe Etat islamique, tué dans l’attentat d’Istanbul où il était parti chercher son fils, a été inhumé.

Fathi Bayoudh, le médecin tunisien tué dans l’attentat d’Istanbul, où il s’était rendu pour tenter de ramener son fils recruté un moment par le groupe Etat islamique (EI), a été enterré vendredi. Des centaines de personnes se sont rassemblées dès le matin devant le domicile familial à Ksour Essef, sa ville natale, dans le centre-est de la Tunisie, où il a été enterré l’après-midi.

La dépouille de Fathi Bayoudh, chef du service pédiatrique de l’Hôpital militaire de Tunis, avait été accueillie la veille dans la capitale par une cérémonie militaire.

Depuis deux mois, le colonel-major, qui avait pris un congé sans solde, faisait des allers-retours entre la Turquie et la Tunisie pour tenter de ramener son fils Anouar, 26 ans. A l’automne dernier, cet enfant unique avait rejoint l’EI en Irak puis en Syrie avant de le regretter et d’appeler à l’aide, a raconté jeudi à l’AFP sa mère, Saida. Le jeune homme a ensuite quitté le groupe extrémiste. "Anouar s’est rendu à l’Armée libre syrienne et leur a dit vouloir retourner en Tunisie. Il est resté environ deux mois incarcéré", a-t-elle précisé. Puis, il a été placé en détention en Turquie.

Le fils sera rapatrié

Lundi, veille de l’attentat, "Fathi a su que son fils était sur le sol turc. Il était fou de joie de pouvoir enfin le voir et m’a demandé de venir rapidement en Turquie", a-t-elle ajouté. C’est en allant la chercher à l’aéroport que son mari a été tué dans la triple attaque suicide, qui a fait 44 morts et plus de 260 blessés, selon les autorités turques. En l’absence de revendication, Ankara soupçonne l’EI d’être derrière ces attaques.

Cette tragédie familiale a bouleversé de nombreux Tunisiens et occupe les conversations depuis mardi soir. La Tunisie, elle-même frappée par des attentats sanglants depuis l’an dernier, compte des milliers de ressortissants au sein de groupes djihadistes au Proche-Orient.

Selon sa famille, Anouar n’était pas encore au courant, vendredi, de la mort de son père. Les autorités tunisiennes ont annoncé qu’Ankara avait donné son accord à un rapatriement du jeune homme, dans les prochains jours.