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L'Agence nationale de sécurité américaine (NSA) a versé des millions de dollars aux géants du web comme Google, Microsoft et Yahoo pour qu'ils procèdent à des modifications techniques permettant de mieux identifier les données des citoyens américains, révèle vendredi The Guardian, sur base de documents qui lui ont été transmis par l'ancien consultant de la NSA Edward Snowden. D'après la société Yahoo: "la loi fédérale oblige le gouvernement américain à dédommager les fournisseurs dans le cas où ces derniers doivent modifier leurs programmes afin d'exécuter des procédures judiciaires".

Microsoft n'a pas encore réagi. Quant à Google, elle maintient qu'elle n'a jamais participé au programme d'espionnage américain Prism, malgré le fait que l'entreprises ait été nommément citée dans un document de la NSA en tant que "fournisseur".

Le Guardian s'associe au New York Times

Le journal britannique Guardian a annoncé vendredi s'associer, à cause des "pressions intenses" de Londres, avec le quotidien américain New York Times pour éplucher des documents secrets obtenus par Edward Snowden sur l'ampleur du système de surveillance des Etats-Unis et du Royaume-Uni.

"Dans un climat de pressions intenses de la part du gouvernement britannique, le Guardian a décidé de s'associer avec un partenaire américain pour travailler sur les documents du GCHQ (service britannique des écoutes) fournis par Edward Snowden", a annoncé un porte-parole du quotidien britannique.

Ce partenariat a été conclu avec le New York Times "quand le Guardian a dû faire face à des demandes émanant du gouvernement britannique de remettre les dossiers sur le GCHQ en sa possession", a ajouté le journal proche de l'opposition travailliste au Royaume-Uni.

Cet accord permettra au New York Times "d'avoir accès à des documents sensibles qui ont fuité via" Edward Snowden, ancien consultant de l'agence américaine de sécurité NSA et désormais recherché pour espionnage par Washington, a ajouté le Guardian.

Des articles publiés depuis juin à partir des documents obtenus par Edward Snowden ont déjà révélé l'ampleur du système de surveillance aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, provoquant l'ire de Washington et l'embarras de Londres.

Cette semaine, le Guardian a révélé avoir été contraint il y a un mois, sous la pression du gouvernement britannique, de détruire deux disques durs contenant des informations obtenues par Edward Snowden.

Il a fait ses révélations au lendemain de la détention à l'aéroport londonien d'Heathrow de David Miranda, compagnon et collaborateur du journaliste du Guardian en contact avec Edward Snowden.

Ces deux événements ont suscité une vague de protestations au Royaume-Uni et à l'international, le Conseil de l'Europe s'inquiétant notamment des éventuelles atteintes à la liberté de la presse.

La police britannique a annoncé jeudi avoir ouvert une "enquête criminelle" après avoir commencé l'examen des documents confisqués à David Miranda. La justice britannique a dans le même temps limité l'examen de ce matériel, en interdisant à la police et au gouvernement d'"inspecter, de copier ou de partager" ces données sauf "dans le but de protéger la sécurité nationale".