International Deux ans après les accords de Minsk, le conflit, qui n'avait jamais vraiment cessé, s'est embrasé dans le Donbass. Des projets existent dans le pays pour faire de l'ukrainien la vraie langue nationale. Reportage.

Rien n’a changé en deux ans. Ils parlent d’accords de Minsk, de processus de paix. Nous ne voyons rien venir." Dans une froide cage d’escalier surpeuplée, Svitlana Klimenko attend son tour pour collecter un colis d’aide humanitaire auprès de la Croix-Rouge ukrainienne. Aujourd’hui, ce sont des rations alimentaires et des produits hygiéniques qu’elle attend. "À Avdiivka, ils tirent sans arrêt, détruisent les maisons. Nous mourrons à petit feu."

Début février, la ville industrielle sous contrôle ukrainien, au nord du bastion séparatiste de Donetsk, s’est retrouvée au cœur d’une explosion meurtrière de violences dans le Donbass, l’est de l’Ukraine ravagé par une guerre hybride depuis 2014. Au moins dix soldats et dix civils ont perdu la vie, côté ukrainien. Ce 10 février, deux ans après la signature des accords de paix de Minsk, le calme est revenu en ville, dont de nombreux bâtiments restent défigurés par les bombardements. Des affrontements sont néanmoins audibles dans les environs. "Nous travaillons dans une situation sécuritaire précaire et imprévisible", explique Iouriy Zinoviev, volontaire pour la Croix-Rouge ukrainienne, à Avdiivka.

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