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Le président polonais Andrzej Duda a plaidé jeudi devant le Conseil de sécurité de l'Onu pour le déploiement d'une force de Casques bleus en Ukraine, "le long de la frontière" avec la Russie et "dans l'ensemble" de l'Est "aux mains des séparatistes". "Nous défendons le déploiement d'une mission de paix de l'Onu" en Ukraine, a déclaré M. Duda lors d'une conférence de presse, reprenant une partie de son discours prononcé peu avant devant le Conseil de sécurité, présidé en mai par la Pologne et qui tenait une réunion sur le droit international et la paix dans le monde.

"J'ai souligné dans les termes les plus forts que si cela intervenait, il fallait que ces forces soient déployées dans l'ensemble du territoire qui est aujourd'hui aux mains de séparatistes", a ajouté le président polonais.

"En premier, ces forces doivent être présentes le long de la frontière reconnue internationalement entre l'Ukraine et la Russie", a-t-il précisé.

En septembre, la Russie avait demandé au Conseil de sécurité dans un projet de résolution d'autoriser le déploiement dans l'est de l'Ukraine, où forces ukrainiennes et séparatistes prorusses s'opposent, d'une mission de militaires légèrement armés pour protéger les quelque 600 observateurs de l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE).

L'Ukraine demande de longue date l'envoi de forces de maintien de la paix mais, à la différence de Moscou, souhaite leur déploiement dans toute la zone de conflit notamment pour contrôler la frontière russo-ukrainienne. Selon Kiev, des armes et des combattants venant de Russie continuent d'entrer sur le territoire ukrainien.

Si une proposition d'envoi de Casques bleus pour l'est ukrainien était soumise à un vote du Conseil de sécurité, elle se heurterait probablement à un veto de la Russie.

Le conflit opposant l'armée ukrainienne et les séparatistes prorusses dans l'est de cette ex-république soviétique a fait plus de 10.000 morts depuis son déclenchement en avril 2014.

Les hostilités s'y sont apaisées après les accords de paix de Minsk conclus en février 2015 et des cessez-le-feu successifs, mais des flambées sporadiques de violences continuent d'alourdir le bilan des victimes. Kiev et l'Occident accusent la Russie de soutenir militairement les rebelles, ce que Moscou nie farouchement.

Selon un diplomate occidental s'exprimant sous couvert d'anonymat, l'idée de déployer une mission de paix de l'Onu en Ukraine "n'a pas bougé depuis la proposition russe de septembre".

"Ce n'est pas le déploiement d'une opération de maintien de la paix qui va faire appliquer les accords de Minsk" parrainés par la France et l'Allemagne, a estimé cette source.