International

Toute l'actualité africaine sur La Libre Afrique.

Le gouvernement congolais envisage des exploitations pétrolières dans deux parcs naturels classés à l'Unesco en République démocratique du Congo, a indiqué jeudi l'ONG britannique Global Witness qui cite des lettres confidentielles et demande à Kinshasa de renoncer à son projet. Le gouvernement congolais veut la "désaffectation" ou le "déclassement" des zones pétrolières du parc de la Salonga (centre) et du parc des Virunga (est), avance l'ONG qui affirme avoir consulté des courriers du ministre congolais des Hydrocarbures Aimé Ngoi Mukena.

Le ministre a demandé dans deux notes au gouvernement fin mars "de constituer une commission interministérielle" pour "le déclassement par décret d'une zone d'intérêt pétrolier du parc de Salonga" et "d'une zone d'intérêt pétrolier de 172.075 hectares (1.720,75 km2) soit 21,5% du parc des Virunga".

Dans les Virunga, le plus ancien parc naturel d'Afrique, les réserves pétrolières sont estimées à "6.758 milliards de barils avec les recettes budgétaires additionnelles de sept milliards de dollars", lit-on dans ces notes du ministre que l'AFP a également pu consulter.

La commission interministérielle devait se réunir vendredi dernier.

Une visite interministérielle est prévue au Virunga vendredi (Agriculture, Affaires foncières...), a indiqué à l'AFP une source dans l'entourage du parc, endeuillé début avril par la mort récente de cinq éco-gardes et d'un chauffeur dans une attaque attribuée à l'un des groupes armés actifs dans la région.

Joint par l'AFP à Kinshasa, le ministre des Hydrocarbures a répondu : "Il n'est pas connu de moi ce projet sur la désaffectation d'une partie du parc. Si ce projet existe, nous n'avons pas peur de l'assumer, s'il y avait ce projet-là".

"Le gouvernement congolais doit immédiatement arrêter toute tentative de déclassifier des parcs nationaux et des sites de l'Unesco. Il devrait aussi publier tous les contrats signés avec des compagnies pétrolières ainsi que les détails des paiements qu'il a reçus dans le cadre de ces contrats", commente l'ONG Global Witness.