La rébellion résiste à Alep

afp Publié le - Mis à jour le

International Les rebelles opposaient dimanche une résistance farouche aux troupes du régime à Alep, bombardée sans relâche, de même que dans d'autres villes de Syrie ensanglantées par les violences.

Une réunion ministérielle arabe censée porter sur ce conflit dévastateur, qui dure depuis près de 17 mois, et prévue à Jeddah en Arabie saoudite, a été reportée sine die sans explications de la Ligue arabe.

Quatre jours après avoir lancé son offensive terrestre pour déloger les rebelles d'Alep, les chars et les avions de combat du régime de Bachar al-Assad continuent de pilonner plusieurs quartiers de cette métropole du Nord, dont le contrôle est un enjeu crucial de la guerre.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), les quartiers Chaar, Tariq al-Bab, Hanano, Boustane al-Qasr et Salaheddine, secteur emblématique des insurgés où des combats ont lieu, sont la cible des violents tirs d'artillerie par l'armée.

Les rebelles de l'Armée syrienne libre (ASL, formée de déserteurs et de civils ayant pris les armes) ont affirmé avoir repris à l'armée des positions "stratégiques" à Salaheddine après que l'armée a dit contrôler totalement le quartier mercredi. Selon le journal officiel Al-Watan, la voie vers le quartier al-Sukkari, deuxième bastion en importance des rebelles, "est désormais ouverte pour l'armée qui a pris le contrôle de plusieurs axes lui permettant de le prendre d'assaut".

Les communications sont entièrement coupées avec la ville et il n'était pas possible de joindre des militants sur place.

Des tirs ont été en outre entendus à Damas alors que les localités proches d'Al-Tal et de Harista étaient bombardées, d'après l'OSDH, une ONG basée en Grande-Bretagne qui tire ses informations d'un réseau de militants et de témoins.

Un journaliste de l'agence officielle syrienne Sana, Ali Abbas, a été assassiné samedi soir à son domicile dans la province de Damas, ont précisé l'agence et l'OSDH.

Plus au nord, à Homs, des soldats aidés de miliciens ont "exécuté" dix jeunes dans le quartier Chamas où ils sont entrés après plusieurs heures de pilonnage, selon le Conseil national syrien, principale coalition de l'opposition.

Les victimes ont été choisies parmi une foule de 350 personnes rassemblées sur une place, affirme le CNS qui dit craindre un "terrible massacre". Cette information ne pouvait être confirmée de source indépendante.

Des accrochages avaient lieu par ailleurs dans la province de Deraa (sud), berceau de la révolte déclenchée en mars 2011 contre le régime Assad, dont la famille gouverne le pays d'une main de fer depuis quatre décennies. Mais cette contestation d'abord pacifique s'est militarisée au fil des mois face à la répression menée par le régime, qui a choisi d'écraser la révolte assimilée à du "terrorisme", au prix de plus de 21.000 morts selon l'OSDH, de dizaines de milliers de réfugiés et de centaines de milliers de déplacés.

Et comme tous les jours, le lot des morts se compte par dizaines. Samedi, près de 150 personnes en majorité des civils ont péri, a précisé l'OSDH. Dimanche 8 personnes sont mortes, selon un bilan provisoire de cette ONG.

L'escalade est alimentée par l'impuissance de la communauté internationale à s'accorder sur les moyens de régler le conflit, les Occidentaux et certains pays arabes d'un côté appuyant la rébellion et réclamant un départ de M. Assad, et les Russes et les Iraniens refusant tout changement de régime par la force.

La "réunion d'urgence" des ministres arabes des Affaires étrangères, annoncée pour dimanche, afin de discuter du remplacement du médiateur international Kofi Annan, a été reportée sine die, a annoncé le numéro deux de la Ligue arabe, Ahmed Ben Helli.

M. Annan a démissionné après l'échec de ses efforts de paix dû en partie selon lui aux divergences persistantes au sein du Conseil de sécurité de l'ONU. Selon des diplomates à l'ONU, le diplomate algérien Lakhdar Brahimi est pressenti pour lui succéder, mais ce dernier n'a toujours pas donné sa réponse.

Par contre, les chefs de la diplomatie des six monarchies du Golfe (Arabie saoudite, Oman, Koweït, Emirats arabes unis, Qatar, Bahreïn), tiendront en soirée à Jeddah une réunion sur la crise syrienne.

Elle interviendra avant un sommet islamique mardi dans le royaume à l'initiative du roi Abdallah d'Arabie saoudite qui cherche à mobiliser le monde musulman en faveur du soulèvement en Syrie.

Alors que le flux de réfugiés croît chaque jour davantage, 80 tonnes d'aide envoyées par la France doivent être distribuées aux dizaines de milliers de Syriens installés dans un camp à la frontière jordano-syrienne.

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