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Plusieurs associations ont exhorté samedi les autorités roumaines à "rendre justice aux derniers survivants parmi les Roms déportés" durant la Deuxième guerre mondiale, dénonçant des "stéréotypes persistants" envers cette minorité. "A l'occasion de la Journée internationale des Roms, marquée ce samedi, nous appelons les autorités à respecter les droits des anciens déportés", a déclaré Ciprian Necula de la Fédération des Roms.

Une loi remontant à 2000 autorise les survivants de la Shoah à bénéficier d'une indemnité, qui s'élève actuellement à l'équivalent de 55 euros par mois pour chaque année de détention ou de déportation. Mais selon de nombreux témoignages, les autorités locales "tergiversent" ou "demandent des preuves absurdes".

"Nombre de Roms ne disposaient pas de documents d'identité et ne figurent donc pas dans les archives. La loi les autorise à demander cette indemnité sur la base des déclarations de deux témoins mais les fonctionnaires refusent d'en tenir compte", a expliqué M. Necula.

"Les requérants sont accueillis avec des phrases dont 'Quel Holocauste? ', 'La loi ne concerne pas les Roms' ou encore +'Vous, les Tsiganes, ne faites que voler'", a indiqué l'historien Petre Matei, auteur de plusieurs ouvrages sur la déportation des Roms.

Une pétition signée juqu'ici par quelque 1.500 personnes dénonce les "pratiques abusives" des autorités, rappelant que, "avec chaque mois qui passe, le nombre de survivants baisse, la plupart d'entre eux ayant plus de 85 ans".

Selon le rapport d'une commission internationale d'historiens publié en 2004, environ 25.000 Roms - dont des milliers d'enfants - ont été déportés en Transdniestrie entre 1942 et 1944 par le régime du maréchal pro-nazi roumain Ion Antonescu. La moitié sont morts de faim ou de froid dans ce territoire placé à l'époque sous administration roumaine.

Seuls environ 200 survivants seraient toujours en vie, dont la moitié n'ont pas été indemnisés, selon les ONG.

Le ministère du Travail, responsable de l'application de cette loi, a assuré dans un document transmis aux ONG que les requêtes "sont analysées de manière impartiale et non discriminatoire".