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Qu’en est-il de la Scientologie en Belgique et quel sera l’enjeu de son probable procès à venir à Bruxelles ?

L’"Eglise" de Scientologie avait été mise en lumière dans notre pays quand le juge bruxellois Jean-Claude Van Espen avait ouvert une instruction sur celle-ci en 1997. Et plus encore quand il avait mené des perquisitions en 1999, dont le résultat confortait le soupçon qu’elle agissait sans grand respect pour le droit commun.

Au fil des ans et malgré cette menace, les scientologues allaient s’implanter davantage à Bruxelles en inaugurant leur siège européen rue de la Loi (2003), puis en acquérant de vastes locaux au boulevard de Waterloo, trois ans plus tard. Optique générale : gagner en reconnaissance et en visibilité. Mais cet objectif avait été mis à mal par de nouvelles perquisitions menées au siège belge de l’organisation (Uccle) par le juge Michel Claise (en 2008, pour du recrutement illégal).

Et aussi par la révélation dans "La Libre" de faits troublants comme une exposition scientifiquement faussée contre la psychologie, des liens avec l’ex-commissaire de police d’extrême droite Johan Demol, l’utilisation abusive du nom d’une personnalité politique

Retour à l’enquête initiale, entre-temps bouclée : en 2007, le parquet fédéral belge a tracé un réquisitoire demandant le renvoi en correctionnelle des 14 inculpés, dont l’"Eglise" elle-même en tant que personne morale. Avec de sévères préventions : extorsion, escroquerie, exercice illégal de la médecine, entrave à la pratique de la médecine, non-assistance à personne en danger, infractions à la loi sur le commerce et à celle sur le respect de la vie privée, association de malfaiteurs et organisation criminelle.

Le 12 mai dernier, la chambre du conseil de Bruxelles s’était réunie pour examiner le règlement de la procédure. Mais les scientologues, en déposant neuf demandes de devoirs complémentaires, ont allongé les délais. Une remise sine die a, en effet, été déclarée, et le procès n’est donc pas pour tout de suite.

Mais il sera pourtant très important. Car si un tribunal devait retenir ces préventions, cela voudrait dire que plusieurs éléments, qui caractérisent la pratique même de la scientologie (examen par électromètre, notation de données extrêmement personnelles, paiements par les adeptes de sommes d’argent, etc.), seraient constitutifs d’infractions. L’enjeu est donc, le cas échéant, la quasi mise hors-la-loi de la Scientologie en Belgique.