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La Seine devrait atteindre son pic de crue dans la nuit de dimanche à lundi, loin de son record historique, avant une décrue qui s’annonce très lente, a indiqué Vigicrues ce dimanche.

La Seine devrait atteindre entre 5,85 et 5,95 mètres dans la nuit de dimanche à lundi dans Paris, soit moins que la crue de juin 2016 (6,10 mètres), selon l’organisme de surveillance. A la station du pont d’Austerlitz, la Seine qui a continué de monter dans la nuit était à 5,80 mètres dimanche avant midi, soit 9 centimètres de hausse en 24 heures.

En amont de la capitale, la situation s’améliorait petit à petit. Vigicrues a ainsi abaissé samedi en vigilance "jaune", contre "orange" auparavant, plusieurs tronçons de cours d’eau du Bassin parisien : Seine amont (Aube), Yonne aval (Yonne et Seine-et-Marne) et Armançon (Aube, Côte-d’Or et Yonne). En aval de Paris dans les boucles de Seine, en particulier dans les Yvelines, "la situation est critique et va le rester", a souligné le préfet de Paris Michel Delpuech ce dimanche sur BFMTV. "On va encore avoir une montée et peut-être que des évacuations supplémentaires sont à prévoir", a-t-il expliqué.

"Il n’y aura pas tout de suite de franche décrue, les niveaux vont rester élevés quelques jours", a déclaré une porte-parole de l’organisme de surveillance, Rachel Puechberty. Avec l’arrivée prochaine d’une onde de crue venant de la Marne, et des averses attendues en milieu de semaine, "il faudra attendre plus d’une semaine pour atteindre des niveaux classiques pour la saison", a indiqué la porte-parole.

Au total, 1 000 personnes ont été évacuées en Ile-de-France, avait indiqué samedi la préfecture de police. Côté transports, sept gares parisiennes du RER C, en bordure du fleuve, restaient fermées jusqu’à nouvel ordre. Le trafic était également interrompu entre Virofaly-Rive gauche et Saint-Quentin-en-Yvelines. Ni les gares ni les voies ne sont inondées mais les travaux de sécurisation ne permettent pas aux trains de circuler.

Les crues qui touchent diverses régions françaises sont dues à des précipitations importantes sur des sols gorgés d’eau. Le bimestre décembre-janvier est l’un des trois plus pluvieux depuis le début des relevés en 1900, selon Météo-France. "Les sols sont gorgés d’eau, donc c’est un facteur de vulnérabilité s’il devait encore y avoir de fortes précipitations plus tard dans l’hiver", a prévenu Hervé Vanlaer, directeur général adjoint à la prévention des risques au ministère de la Transition écologique. Les prévisions sont moins pluvieuses pour la semaine à venir. Météo-France laissait encore dimanche 12 départements "en vigilance orange en raison des crues sur les bassins de la Seine, de la Saône et de leurs affluents", mais leur nombre devrait baisser. Globalement, "les décrues sont désormais bien amorcées sur la majorité des parties amont des cours d’eau", a résumé Vigicrues. Même si cette crue 2018 a été importante, on a évité le scénario catastrophe d’une crue historique comme celle de 1910, où la Seine avait atteint 8,62 mètres.