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"François Hollande affirme qu’il faudrait supprimer le Parti socialiste, donc son propre parti et celui qui a forgé l’histoire de la gauche française, afin de le réorienter de manière plus centriste. Il souhaite même lui donner un nouveau nom : le Parti du Progrès. C’est énorme…"

Voilà ce que confiait Fabrice Lhomme, journaliste du "Monde", à LaLibre.be lors de la présentation de son livre 'Un président ne devrait pas dire ça...' qu'il a co-écrit avec Gérard Davet.

Étonnement, même aux yeux des deux journalistes, ce passage des confidences 'à micros ouverts' de François Hollande sur la suppression possible du PS est passé un peu inaperçu dans la presse. Pourtant, c’est un scénario probable, prévisible même. Durant ce quinquennat, les démissions des ministres Hamon et Montebourg, ainsi que le bras de fer incessant entre les députés frondeurs et le gouvernement de Manuel Valls, n’ont fait qu’alimenter cette hypothèse.


Et si le PS se fracturait en pleine campagne électorale ?

Emmanuel Macron rassemble autour de lui des personnalités fort diverses : le centriste François Bayrou, l’écologiste François de Rugy, le mécène Pierre Bergé, l'influent conseiller politique Alain Minc, quelques patrons, le maire de Lyon Gérard Collomb (PS) et maintenant Bertrand Delanoë. Même l’ancien président du parti communiste Robert Hue y songe ouvertement. Un tel melting-pot pourrait mettre un terme à l’affrontement traditionnel entre la gauche et la droite en France. Reste à voir si les électeurs s’y retrouveront.

S’il est clair que Benoît Hamon et Arnaud Montebourg ne supportaient pas la ligne économique d’Emmanuel Macron, Manuel Valls et ses partisans ne parviennent pas à se résoudre à soutenir le projet du candidat victorieux de la Primaire socialiste. Un projet irréaliste à leurs yeux. Claude Bartolone (PS), le président de l’Assemblée nationale, admet avoir du mal à se reconnaître dans la campagne d’Hamon. Il déclare même ouvertement envisager de voter pour Emmanuel Macron. Il franchit ainsi la ligne rouge imposée par le Parti socialiste français.

De telles déclarations ne suffisant pas à faire bouger les lignes, c’est Bertrand Delanoë qui ouvre grande la porte à ceux qui hésitaient à trahir les engagements de la Primaire. Il déclare que "la fidélité au parti a ses limites". L’avantage de Delanoë : c’est un ancien poids lourd du PS, un symbole donc.

Si de telles personnalités - on évoque déjà Le Drian et Ayrault - ne soutiennent plus le candidat officiel du PS, le parti ne pourra pas se permettre de les exclure tous. A moins, peut-être, de faire imploser la maison socialiste et de créer un nouveau parti de centre-gauche après la présidentielle. Un parti sur lequel un éventuel président Macron pourrait se reposer. Avec l’avantage de ne pas retrouver les frondeurs dans sa majorité. François Hollande doit en rêver.