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Les miliciens du Hamas ont quitté lundi les rues de Gaza, au lendemain de la plus sanglante flambée de violence inter-palestinienne depuis l'arrivée au pouvoir du Mouvement de la résistance islamique en mars. Mais la tension restait maximale et plusieurs accrochages se sont à nouveau produits dans les Territoires palestiniens.

A Naplouse, dans le nord de la Cisjordanie, des militants du Fatah ont ouvert le feu sur des gardes du corps du vice-Premier ministre Nasser Chaer qui circulaient dans une voiture officielle. Selon M. Chaer, qui n'était pas présent au moment de l'incident, deux d'entre eux ont été blessés. Un membre du Fatah aurait également été touché lors de l'échange de tirs. Plus impressionnant, une fusillade a duré 20 minutes à l'hôpital central de Gaza lorsque la famille d'un des huit morts de la veille est venue récupérer son corps. Les hommes du Fatah qui les accompagnaient ont tiré à l'arme automatique sur un groupe de miliciens du Hamas qui patrouillaient dans l'établissement de soins. Miraculeusement, ce déchaînement de violence n'a fait aucun blessé, assurait-on de source hospitalière.

Le Fatah a fait la démonstration de sa force en organisant en plusieurs points de Cisjordanie des grèves dans les commerces et les écoles privées. De son côté, le gouvernement issu du Hamas a imposé la fermeture de tous les ministères pour protester contre les attaques du Fatah contre des bâtiments officiels.

Des militants du Fatah ont également libéré un responsable du ministère des Finances qu'ils avaient brièvement enlevé, après lui avoir expliqué que cette action était un message destiné au Hamas pour que cesse la violence à Gaza.

Au cours d'une réunion de son cabinet, le Premier ministre palestinien Ismaïl Haniyeh a affirmé que les tensions avaient baissé en intensité à Gaza mais restaient préoccupantes en Cisjordanie. "Nous appelons à nouveau notre peuple à se montrer responsable, à ne pas répandre les désaccords et les conflits, et à ne pas transférer des incidents vers d'autres parties de la nation", a déclaré à cette occasion M. Haniyeh.

La veille, tout comme le président Mahmoud Abbas, chef du Fatah, il avait lancé un appel au calme pour que cessent les affrontements entre les deux principales factions palestiniennes. Mahmoud Abbas, qui se trouvait en Jordanie, a ordonné aux agents des services de sécurité de mettre fin à leurs actions de protestation et de retourner à leur poste, et a appelé les miliciens du Hamas à abandonner la voie publique. Il a aussi exhorté le Premier ministre et son gouvernement à "prendre leurs responsabilités en préservant la loi".

Dimanche soir, le ministre de l'Intérieur Saïd Siyam ordonnait aux miliciens du Hamas de quitter la voie publique. Dès lundi matin, ces mêmes miliciens avaient regagné leurs campements, situés le plus souvent à proximité des ministères.

A Khan Younis, dans le sud de la Bande de Gaza, où ont débuté les violences, plusieurs dizaines de membres des services "officiels" de sécurité patrouillaient lundi dans les rues pour maintenir l'ordre.

Malgré les appels répétés à la retenue, des individus armés ont incendié en début de matinée le ministère de l'Agriculture à Gaza. Parallèlement, des étudiants ont lancé des pierres sur la maison du ministre à Beit Hanoun, dans le nord du territoire, avant d'être chassés par les gardes du corps de ce dernier.

Dans ce climat de confrontation, Mahmoud Abbas s'est prononcé pour une reprise des négociations entre le Fatah et le Hamas en vue de la formation d'un gouvernement d'union nationale, dont l'existence permettrait la levée des sanctions internationales imposées à l'Autorité palestinienne.