International

La Turquie va continuer de combattre les Kurdes du Parti de l'Union démocratique (PYD) en Syrie, a affirmé dimanche le Premier ministre turc, Ahmet Davutoglu à la chancelière allemande Angela Merkel, en dépit des appels internationaux pour qu'Ankara mette fin à ses bombardements.

La Turquie "ne permettra pas au PYD de mener des actions agressives. Nos forces de sécurité ont répondu de manière adéquate et continueront à le faire", a déclaré M. Davutoglu à Mme Merkel au cours d'une conversation téléphonique, selon des propos rapportés par le bureau du Premier ministre turc dans un communiqué.

Pour la deuxième journée consécutive, l'artillerie turque a bombardé dimanche depuis sa frontière des positions des Unités de protection du peuple (YPG), les milices du Parti de l'union démocratique (PYD), en représailles selon Ankara à des tirs venus de Syrie.

M. Davutoglu a affirmé dans sa conversation avec Mme Merkel que les forces kurdes de Syrie, accusées par Ankara d'être la branche syrienne du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), considéré comme une organisation "terroriste" par la Turquie, avait gagné de nouveaux territoires avec le soutien aérien de la Russie.

La Russie est le principal soutien du régime syrien du président Bachar al-Assad, dont Ankara veut le départ.

L'avancée des combattants kurdes en Syrie vise à déloger "des centaines de milliers de civils syriens" de la région frontalière et à "créer une nouvelle crise humanitaire" qui affecterait "non seulement la Turquie mais aussi l'Union européenne" et provoquerait "une nouvelle vague de centaines de milliers de réfugiés", a-t-il affirmé.

La Turquie accueille déjà plus de 2,5 millions de réfugiés syriens, et plus d'un million d'autres ont traversé la mer Egée pour rejoindre l'Europe en 2015.

La France a appelé dimanche à la "cessation immédiate des bombardements" de la Turquie dans les zones kurdes en Syrie. La veille, le département d'Etat américain avait également "exhorté la Turquie à cesser ces tirs", en même temps qu'il avait prié les Kurdes de "ne pas profiter de la confusion de la situation en s'emparant de nouveaux territoires".