International La violence a fait 58 morts lundi en Irak, dont deux techniciens de la chaîne américaine CBS, reléguant au second plan le procès du président déchu Saddam Hussein jugé pour le massacre de chiites.

Après avoir entendu huit témoins de la défense, le Haut tribunal pénal irakien a décidé de tenir sa prochaine audience mardi. Les témoins ont déposé en faveur de Saddam Hussein, de son demi-frère Barzan al-Tikriti et du président du tribunal révolutionnaire de l'ancien régime qui avait condamné à mort 148 chiites impliqués selon lui dans une tentative d'assassinat du chef de l'Etat déchu à Doujaïl, au nord de Bagdad, en 1982.

Pendant l'audience, Bagdad a connu une série d'attentats à la voiture piégée dont l'un a fait 12 morts et 24 blessés, tous des civils, après une attaque matinale contre un bus d'ouvriers, à 80 km au nord de la capitale, qui a coûté la vie à 14 personnes et en a blessé 17, selon des sources de sécurité. "Douze civils ont été tués et 24 blessés dans l'explosion d'une voiture piégée visant une patrouille de la police à Adhamiya", quartier sunnite de Bagdad, a déclaré une source de sécurité.

Un deuxième attentat a été commis non loin de là vers 11h00 HB faisant 5 tués et sept blessés. Sept personnes ont aussi péri et neuf ont été blessées dans l'explosion d'une bombe placée sous un minibus dans le quartier chiite de Kazimiyah, proche de celui d'Adhamiya. Un cameraman et un preneur de son de la chaîne américaine CBS ont été tués dans l'attaque d'une unité militaire à laquelle ils étaient incorporés à Bagdad. Le reporter d'images Paul Douglas, 48 ans, et le preneur de son James Brolan, 42 ans, ont été tués lors de l'explosion d'une bombe alors que la correspondante Kimberly Dozier, 39 ans, a été grièvement blessée, selon CBS.

Dix-huit autres personnes sont mortes dans différentes attaques à Bagdad mais également dans des zones chiites au sud de la capitale, habituellement moins affectées par la violence.

A Bassorah, la capitale méridionale de l'Irak, deux soldats britanniques ont été tués et deux blessés par l'explosion d'un engin au passage de leur véhicule dimanche, selon le ministère britannique de la Défense à Londres.

Au total, 113 soldats britanniques sont morts en Irak depuis l'invasion de mars 2003. Environ 8.000 soldats britanniques sont déployés dans le sud de l'Irak.

Des députés se sont alarmés de la recrudescence de la violence lors d'une réunion du Parlement qui attend toujours les nominations des ministres de l'Intérieur et de la Défense pour pouvoir les approuver.

Un député chiite du sud, Okaïl Abdel Hussein, a rejeté sur la Force multinationale la responsabilité de la détérioration de la situation sécuritaire à Bassorah. "C'est cette force qui est à l'origine de cette situation", a-t-il déclaré sans plus d'explication.

La même accusation a été reprise par un autre député chiite, cheikh Jalaleddine Saghir, à propos de la situation dans la province de Diyala, qui a pour chef-lieu Baaqouba, au nord de Bagdad.

Il s'en est également pris au Conseil de province qu'il a accusé de "ne rien faire pour protéger les civils", souvent la cible d'attaques sanglantes comme celle de lundi contre un bus d'ouvriers.

Enfin Al-Qaïda en Irak a revendiqué sur un site internet l'assassinat dimanche à Bagdad d'un chef tribal sunnite pro-américain, Oussama al-Jadaane, et menacé de réserver le même sort à d'autres "traîtres". Récemment, ce chef tribal qui a formé un groupe armé pour pourchasser les auteurs de violences dans la province occidentale rebelle d'Al-Anbar dont il est originaire, a affirmé avoir fourni des informations qui ont permis la capture par la Jordanie d'un membre présumé d'Al-Qaïda. Ziad Khalaf al-Karbouli a été présenté par Amman comme un membre d'Al-Qaïda et la télévision jordanienne a diffusé des aveux dans lesquels il reconnaissait avoir enlevé et tué un camionneur jordanien et avoir kidnappé deux employés de l'ambassade marocaine à Bagdad.