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Didier Seeuws est décidément toujours là où cela se passe. Le diplomate belge a été désigné, selon l’agence Belga, pour piloter la "task force Brexit" qui sera chargée, pour le Conseil de l’Union, de gérer la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne.


Actuellement à la tête de la direction du Transport, des Télécommunications et de l’Energie au sein de l’institution, le quinquagénaire gantois, au physique affûté par la petite reine, est connu comme le loup blanc dans les couloirs du Juste Lipse, au rond-point Schuman de Bruxelles. Herman Van Rompuy, alors président du Conseil européen, avait choisi cette belle machine intellectuelle comme chef de cabinet en novembre 2012 pour succéder à Frans van Daele.

C’est ce dernier, actuel chef de cabinet du roi Philippe, qui avait repéré le potentiel du jeune diplomate sûr de lui, père de deux enfants. Représentant permanent de la Belgique auprès de l’Union, Frans van Daele lui confia les relations avec le Parlement européen en vue de la présidence belge de l’Union emmenée par le trio libéral Guy Verhofstadt - Didier Reynders - Louis Michel.

Les libéraux ne tardèrent pas à repérer le jeune loup. Didier Seeuws devint porte-parole du ministère des Affaires étrangères, avant de migrer un an plus tard vers le 16 de la rue de la Loi pour devenir porte-parole du "Numero Uno". Louis Michel l’avait fortement conseillé à Guy Verhofstadt.

En 2007, Didier Seeuws remonta la rue la Loi, pour endosser les fonctions de Représentant permanent adjoint (de l’ambassadeur Jean de Ruyt) auprès de l’Union. Au Coreper I (où les ambassadeurs des Etats membres négocient les projets de législations soumises aux ministres), ce gros bosseur fit valoir sa fine connaissance des dossiers techniques, autant que son flair politique. "Il est créatif et très fort tactiquement. Il sait se mettre à la place de chaque acteur et voit de suite où sont les possibilités d’accord à court et long terme", glisse une source belge. Des qualités précieuses à l’entame de la nouvelle tâche qui s’annonce à lui.


Un camouflet des Affaires étrangères

À l’époque - nous étions en 2010 -, il œuvra tambour battant à la bonne marche de la présidence belge de l’Union. Il se voyait déjà nommé à Paris, ambassadeur auprès de l’Organisation de coopération et de développement économiques, (OCDE) dans le cadre du mouvement diplomatique. Sans doute l’homme - conscient de sa valeur, comme on dit - a-t-il pensé que ses faits d’armes lors de la présidence belge seraient récompensés après avoir été largement reconnus. Mais "il a sous-estimé la dimension politique" des nominations, nous dit-on aux Petits Carmes, "il aurait dû se douter qu’il partait perdant et que cela n’avait rien à voir avec ses qualités". Qu’à cela ne tienne, il rebondira ailleurs.

Il fit alors circuler tous azimuts dans les milieux européens son intention de changer d’air. L’idée ne tomba pas dans l’oreille d’un sourd. Herman Van Rompuy, devenu président du Conseil européen en 2009 avec pour chef de cabinet le baron van Daele, lui ouvrit grand sa porte. Les Affaires étrangères belges tentèrent de rattraper Didier Seeuws mais le mal était fait. Le diplomate belge prit ses quartiers au Juste Lipse, en avril 2011, comme conseiller spécial du président Van Rompuy. Pour une belle sortie, c’était une belle sortie.