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Les fouilles ont continué mercredi à Amagasaki (ouest), pour le troisième jour consécutif, dans l’espoir de retrouver des survivants après la pire catastrophe ferroviaire au Japon depuis 40 ans dont la principale cause pourrait être une vitesse excessive. Le bilan s’élève désormais à 95 morts et 458 blessés, dont 150 grièvement atteints.

«Nous pensons qu’il reste une dizaine de personnes (à désincarcérer). Nous allons continuer nos opérations aussi longtemps qu’il y aura une possibilité de retrouver des survivants », a déclaré à l’AFP Hideki Maeda, un porte-parole des pompiers d’Amagasaki.

Les victimes portées disparues, dont le conducteur du train, seraient bloquées dans le premier wagon aplati du convoi. Mais leurs chances de survie semblent extrêmement faibles compte tenu de l’état du wagon.

Aucun survivant n’a été découvert depuis les premières heures mardi matin, lorsqu’un étudiant de 19 ans avait été désincarcéré des décombres.

Au moment de l’accident spectaculaire, qui s’est produit lundi matin en pleine heure de pointe, quatre wagons ont déraillé et l’un d’entre eux s’est encastré dans un immeuble habité d’Amagasaki, une banlieue dortoir d’Osaka.

On ignore encore les causes du déraillement, mais les autorités soupçonnent le conducteur du train, Ryujiro Takami, d’avoir négocié trop vite un virage.

Agé de 23 ans, M. Takami n’avait qu’une expérience de 11 mois à ce poste et avait déjà reçu des avertissements, notamment à la suite d’une plainte de passagers, selon la compagnie ferroviaire JR West.

«En général, un train ne déraille pas à cause d’une seule raison. Il y a souvent plusieurs éléments », a estimé Masayuki Miyamoto, un des sept membres de la commission d’enquête.

D’après des témoignages de passagers, le train était en retard d’une minute et demie sur l’horaire et allait «beaucoup plus vite » que d’habitude.

La presse affirme que le convoi de sept wagons roulait à plus de 100 km/heure quand il a abordé une courbe où la vitesse autorisée est de 70 km/h.

«S’il n’avait pas accéléré, ma femme ne serait pas morte. C’est une catastrophe due à une erreur humaine », a accusé Michiharu Nishino, 65 ans, qui a perdu son épouse de 63 ans.

Cette catastrophe ferroviaire est la plus meurtrière au Japon depuis novembre 1963, lorsque 160 passagers avaient trouvé la mort dans une collision de trains à Yokohama, près de Tokyo.

Elle vient ternir la réputation de sécurité et de fiabilité des réseaux ferrés japonais, d’autant que deux autres accidents de train, certes mineurs mais préoccupants, se sont produits depuis lundi.

Mercredi, une voiture a forcé un passage à niveau à Yokohama, près de Tokyo, avant de s’écraser contre un convoi de huit wagons qui transportait 130 passagers.

Le conducteur de la voiture, un septuagénaire, a été grièvement blessé, mais l’accident n’a pas fait de victime parmi les passagers du train.

Mardi, c’est un train express qui a percuté un camion à un passage à niveau dans la préfecture d’Ibaraki (nord-est de Tokyo). La collision n’a pas fait de blessé parmi les passagers.

Le Japon a l’un des réseaux ferrés les plus denses et les plus sûrs au monde, qui transporte chaque jour pas moins de 60 millions d’usagers, soit près de la moitié de la population nippone.

La compagnie JR West a indiqué mercredi qu’elle perdait 25 à 30 millions de yens (plus de 200.000 euros) par jour à cause de la désertion des passagers depuis la catastrophe.