Le boycott, est-il l'arme fatale ?

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International

Les appels au boycott des produits de la société pétrolière française Total dans les pays occidentaux ont-ils un sens ? La mise à l'index de Total peut-elle avoir une efficacité ?

Bonne question, quand on sait que dix années de sanctions économiques et financières européennes et américaines à l'égard de la junte Birmane sont restées sans effet. La junte continue à s'enrichir scandaleusement et le peuple à s'appauvrir dramatiquement.

La société Total pèse d'un poids déterminant dans l'économie birmane. Une cessation de ses activités en Birmanie mettrait sans doute la junte sous pression. A tout le moins, Total pourrait intervenir pour infléchir la dictature vers un meilleur traitement du peuple birman.

En Belgique, le collectif "Action Pétrole en Birmanie", depuis 1999 a lancé un mot d'ordre de boycott des produits Total. Sans effet apparent jusqu'à présent.

Mais aujourd'hui que la Birmanie est à nouveau sous les feux meurtriers de l'actualité, la situation pourrait changer. On voit les pouvoirs publics étudier la manière d'écarter la société des listes de fournisseurs. Un tribunal belge pourrait être amené à se prononcer sur les activités du groupe pétrolier en Birmanie qui est accusé de crime contre l'humanité.

Et puis il y a les citoyens ! Nike a dû céder sur la question du travail des enfants. Shell n'a pas résisté au boycott massif de ses produits en Allemagne et dans les pays scandinaves alors qu'il était accusé de pollution par Greenpeace.

Les entreprises ne sont pas seulement obsédées par les volumes de vente. Elles le sont aussi par leur image de marque, par leur responsabilité sociale qu'elles se plaisent tant, de nos jours, à mettre en avant. Un appel au boycott peut être directement sanctionné par les marchés financiers, mettant les dirigeants en difficulté face à des actionnaires mécontents !

Encore faut-il pour cela que les consommateurs réagissent individuellement et suivent les appels aux boycotts. Ce qui n'est pas gagné d'avance. Car il faut bien le constater, le consommateur est un acteur économique avant d'être un acteur politique. Chacun, au nom des bons sentiments, peut souhaiter qu'une action réussisse, de là à y participer... Surtout quand le réservoir est vide et que la seule pompe en vue a pour emblème un rond multicolore !

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