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Les relations entre l'UE et la Grande-Bretagne ont parfois été épineuses et, dans le cas des négociations sur le Brexit, elles prennent l'allure d'un piquant jeu de séduction entre deux hérissons, a estimé vendredi le chef de la Commission européenne Jean-Claude Juncker.

"Nous ne sommes pas en guerre avec la Grande-Bretagne", a déclaré M. Juncker dans une interview au quotidien autrichien Die Presse publiée au lendemain d'un sommet européen, à Salzbourg, dominé par des discussions tendues sur le Brexit dont les négociations entrent dans leur phase finale.

Mais "nous devons faire attention, comme deux hérissons qui s'aiment", a-t-il ajouté, filant la métaphore: "quand deux hérissons s'étreignent, ils doivent faire attention à ne pas s'égratigner".

Les négociations du divorce entre Londres et l'Union européenne ont progressé mais elles continuent de buter sur le casse-tête de la frontière irlandaise, qui menace la conclusion d'un accord, comme l'ont constaté les deux parties à Salzbourg.

Les 27 et la Grande-Bretagne "se rapprochent", a confirmé M. Juncker mais "la question de la frontière irlandaise est très difficile".

Les deux parties sont d'accord pour éviter le retour d'une frontière physique entre la province britannique d'Irlande du Nord et la République d'Irlande. En revanche, Londres conteste les termes du "filet de sécurité" ("backstop") demandé par l'UE pour garantir ce résultat.

La Première ministre britannique Theresa May et les 27 espèrent s'entendre lors d'un prochain sommet en octobre à Bruxelles sur un accord scellant leur divorce, prévu en mars 2019, ainsi que sur une déclaration fixant le cadre de leur future relation, en particulier au niveau économique.

"Il est également clair qu'il ne peut y avoir de sortie de l'UE tout en conservant les privilèges de la communauté. Brexit signifie Brexit", a ajouté le patron de la Commission.

M. Juncker s'est également désolé de voir les pays de l'UE "tourner un peu en rond" sur les questions de politique migratoire, l'autre grand sujet discuté lors du sommet de Salzbourg.

Le sujet reste profondément clivant entre pays du Sud souhaitant en priorité une meilleure répartition des réfugiés à l'échelle du continent, à laquelle s'opposent fermement les pays de l'Est.