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La décision du Royaume-Uni de quitter l'Union européenne va imposer des contrôles administratifs entre la Grande-Bretagne et l'Irlande du Nord, a affirmé mercredi à Bruxelles le négociateur de l'Union européenne Michel Barnier.

"L'UE et le Royaume-Uni excluent tous deux l'existence d'une frontière physique avec l'île d'Irlande, de sorte que ce qui arrivera en Irlande du Nord arrivera également dans le marché unique européen. Il y aura des procédures administratives qui n'existent pas encore pour les marchandises en provenance du reste du Royaume-Uni qui arrivent en Irlande du Nord", a-t-il expliqué devant des représentants des entreprises de l'Union européenne à Bruxelles.

Cette perspective est d'ores et déjà rejetée par le parti ultra-conservateur nord-irlandais DUP, soutien clé du gouvernement de Theresa May au Parlement de Londres.

Theresa May a insisté sur le fait qu'elle n'accepterait aucun Brexit qui empiéterait sur la souveraineté britannique.

"L'Union européenne est attachée à l'intégrité territoriale du Royaume-Uni, mais le Royaume-Uni doit respecter le marché unique européen qui comprend l'Irlande", a insisté Michel Barnier.

"L'Union européenne propose de réaliser des contrôles de la manière la moins intrusive et éviter les contrôles physiques. Les entreprises du Royaume-Uni devront remplir des déclarations de douane en ligne quand elles voudront envoyer des biens en Irlande du Nord. Les camions et les conteneurs seront scannés à bord des ferries et des porte-conteneurs comme cela se fait entre l'Espagne et les îles Canaries", a-t-il expliqué.

"Des contrôles seront également réalisés pour les biens industriels dans les locaux des entreprises en Irlande du Nord et pas aux frontières", a-t-il ajouté.

"Restent les contrôles sanitaires et phytosanitaires, qui devront être réalisés aux frontières pour des motifs de sécurité alimentaire et de santé animale. L'Irlande doit rester une zone épidémiologique unique. Des contrôles sont déjà effectués dans les ports, mais avec le Brexit, il y aura un changement d'échelle et ils devront concerner 100% des animaux vivants et non 10% comme aujourd'hui", a-t-il indiqué.

Theresa May est attendue à Bruxelles la semaine prochaine pour un sommet de l'UE décrit par le président de l'Union, Donald Tusk, comme un "moment de vérité" pour les discussions sur une sortie ordonnée de la Grande-Bretagne du club.

"Nous n'avons pas choisi le Brexit, ce sont les Britanniques qui l'ont choisi et nos propositions sont destinées à aider le Royaume-Uni à assumer les conséquences négatives du Brexit", a rappelé Michel Barnier.