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Les images du sommet de l'Otan montrant la semaine dernière un Jean-Claude Juncker chancelant ont agité ce week-end la politique en Autriche, dont le gouvernement préside actuellement le Conseil de l'Union européenne. 

Son aile d'extrême-droite est allée jusqu'à réclamer la démission du président de la Commission européenne en l'accusant d'ébriété. Ne prêtant pas foi à l'explication de la Commission européenne qui avait attribué à une douloureuse sciatique la démarche hésitante de M. Juncker - le chef de la Commission avait dû être soutenu par des dirigeants -, le secrétaire général du FPÖ, l'eurodéputé Harald Vilimsky, n'a pas hésité à parler d'"un certain nombre de problèmes d'alcool évidents" qui "ont généré plusieurs vidéos embarrassantes", selon la presse autrichienne.

Plusieurs partis de l'opposition en Autriche se sont insurgés contre cette attaque. Une personnalité de l'ÖVP, le parti conservateur du chancelier Sebastian Kurz au pouvoir avec le FPÖ, a exigé que Harald Vilimsky s'excuse ou démissionne, mais ce dernier a maintenu sa ligne. Le gouvernement autrichien, lui, n'a pas encore réagi.

Interrogée lundi, la Commission européenne a balayé la demande de démission en soulignant que son interlocuteur était "le gouvernement autrichien, pas des éléments qui le composent". Le porte-parole de la Commission a rappelé que M. Juncker bénéficiait de la confiance du Parlement et du Conseil, et que l'exécutif avait eu dernièrement une réunion fructueuse avec le gouvernement de M. Kurz.

Vendredi, à un journaliste qui lui demandait si M. Juncker mélangeait des antidouleurs à l'alcool, le même porte-parole avait répondu qu'il "n'était pas au courant" et jugé qu'il était particulièrement "de mauvais goût que certains médias fassent des titres insultants en profitant de la douleur" du président de la Commission européenne.