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Le ministre néerlandais des Affaires étrangères, Stef Blok, coutumier des déclarations peu diplomatiques, a qualifié la Belgique de "pays invivable" lors d'un discours prononcé devant un parterre de ses concitoyens, avant de retirer vendredi ses propos après leur publication par le journal 'De Standaard'. Il a affirmé au quotidien qu'il regrettait ces paroles, ce qu'a accepté la diplomatie belge.

M. Blok avait déjà assimilé le Suriname, ex-colonie néerlandaise en Amérique du Sud, à un "État défaillant" qui a "sérieusement à faire avec la division ethnique". Le chef de la diplomatie néerlandaise avait aussi déclaré être incapable de donner l'exemple d'un pays disposant d'une société multiculturelle ou multiethnique où les citoyens vivent ensemble dans la paix.

Ces propos ont été relayés le mois dernier par le programme télévisé Zembla, qui est entré en possession d'images de M. Blok s'exprimant dans un cadre privé, devant des Néerlandais travaillant pour des institutions internationales. Ses déclarations ont suscité une vague d'indignations tant dans l'opposition que dans sa propre famille politique. Il a toutefois reçu vendredi le soutien de son Premier ministre Mark Rutte.

Le ministre a également rendu publique la transcription de ses propos qui mentionnent aussi la Belgique.

"Le plus grand parti de Suisse est depuis des années une sorte de PVV (le Parti pour la liberté néerlandais dirigé par le député d'extrême droite Geert Wilders, NDLR), tout juste avec un autre nom", a dit M. Blok lors de cet exposé, dans une référence au parti conservateur UDC.

"Ce sont des partis dont je ne partage pas les idées, mais ce n'est pas pour autant que la Suisse soit devenue un pays invivable (en raison de la montée du populisme). Ou la Belgique, du moins pas plus invivable qu'auparavant", a-t-il ajouté.

Un porte-parole du chef de la diplomatie belge, Didier Reynders, a indiqué au 'Standaard' que les excuses du ministre néerlandais suffisaient.