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Le chef du parti europhobe britannique Ukip, Henry Bolton, a été démis de ses fonctions par un vote des adhérents lors du congrès extraordinaire organisé à Birmingham samedi, plongeant le parti dans une nouvelle crise.

Poussé vers la sortie suite à des propos racistes tenus par son ex-compagne visant la fiancée du prince Harry, "Henry Bolton a été révoqué par une décision démocratique des adhérents", à 63% des suffrages, a déclaré Paul Oakden, le président non élu de l'Ukip, en charge de la bonne marche organisationnelle du parti.

Déjà confronté à des difficultés financières, l'Ukip va devoir remplacer son leader pour la quatrième fois en moins de deux ans, depuis le départ du dirigeant historique Nigel Farage peu après le référendum du 23 juin 2016 qui avait décidé la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne.

"Je pense qu'il sera très difficile pour le parti de survivre" à une nouvelle bataille de leadership, a déclaré Henry Bolton lors du congrès extraordinaire.

Une nouvelle élection doit être organisée dans les 90 jours. Pendant cette période, l'eurodéputé Gerard Batten assurera l'intérim.

Elu en septembre 2017, Henry Bolton faisait l'objet de multiples critiques depuis la révélation, dans la presse, de SMS envoyés par son ex-compagne Jo Marney à un ami. Dans ces messages, elle estimait que Meghan Markle, dont le mariage avec Harry est prévu le 19 mai à Windsor, allait "souiller notre famille royale".

En janvier, il avait déjà fait l'objet d'un vote de défiance du comité exécutif du parti, après lequel il avait refusé de démissionner.

Il avait assuré avoir mis fin à sa relation avec Jo Marney, de 29 ans plus jeune que lui, pour laquelle il avait quitté son épouse. Des photos les montrant ensemble avaient ensuite été publiées par les tabloïds britanniques.

Dans les colonnes du Daily Telegraph jeudi, Nigel Farage avait déploré ce feuilleton. Il avait malgré tout affirmé son soutien à Henry Bolton, estimant que la situation de l'Ukip était trop dégradée pour se lancer à la recherche d'un nouveau chef.

"L'alternative pour le parti est de continuer sur la voie de l'autodestruction, jusqu'à devenir insignifiant. Il est peut-être trop tard pour sauver l'Ukip, mais on ne sait jamais".