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Le ministère britannique de la Justice a repris lundi la gestion de la prison de Birmingham, qui avait été dévolue à la compagnie privée G4S, après une inspection qui a révélé une situation "épouvantable".

"C'est une situation choquante", a reconnu Rory Stewart, le secrétaire d'Etat aux prisons. "C'est en partie ma responsabilité, celle du gouvernement, et celle de G4S, et c'est pourquoi nous prenons des mesures sans précédent", a-t-il affirmé sur la radio BBC 4.

Le ministère de la Justice assurera la gestion de l'établissement pour les six prochains mois au minimum, estimant que "l'incapacité de G4S à assurer la sécurité de la prison constitue une violation de contrat". Cette entreprise avait obtenu en 2011 un contrat de quinze ans pour administrer l'établissement pénitentiaire. Elle gère quatre autres prisons dans le pays.

Lors de l'inspection, conduite du 30 juillet au 9 août, l'établissement "était dans un état épouvantable", a écrit Peter Clarke, le chef de l'organisme public chargé de l'inspection des prisons, dans une lettre adressée au ministre de la Justice, David Gauke.

M. Clarke a précisé que le niveau de violence observé était le plus haut des prisons britanniques. "Le personnel et les détenus ont souvent besoin de soins hospitaliers", écrit-il, déplorant la "quasi-impunité" des prisonniers violents. Il a rappelé que trois détenus de la prison de Birmingham (centre de l'Angleterre) se sont suicidés depuis février 2017.

"Des tests ont révélé qu'un tiers des prisonniers consommaient des drogues", a-t-il également souligné, blâmant "un manque de contrôle". "Le personnel ignore régulièrement où se trouvent les prisonniers à un moment donné", a-t-il expliqué.

L'entreprise G4S, spécialiste de la sécurité et chargée de la gestion quotidienne de la prison, a salué la décision du gouvernement, face aux "défis exceptionnels" que pose la situation actuelle.

"Cette situation choquante met en lumière les conséquences dangereuses de la privatisation toujours plus grande de notre système judiciaire", a souligné pour sa part le député d'opposition Richard Burgon, chargé des questions judiciaires au sein du Parti travailliste. "La situation actuelle devrait sonner le glas de l'idée de privatiser les prisons", a-t-il ajouté.

Dix-sept autres prisons, sur 123, sont gérées par des entités privées au Royaume-Uni. Cette sous-traitance de la gestion quotidienne des établissements pénitentiaires a été introduite dans les années 1990.

La prison de Birmingham accueillait fin juillet 1.269 détenus, pour une capacité de 1.450 places. En 2016, elle avait été le lieu d'une émeute pendant laquelle 500 prisonniers avaient pris le contrôle de quatre bâtiments pendant douze heures.