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La Chambre belge des Représentants accueillait lundi une conférence sur la question des prisonniers palestiniens en Israël, à l’initiative de l’Union internationale des parlementaires pour la Palestine. Une thématique dans l’actualité: le même jour, Israël libérait 227 prisonniers palestiniens, accueillis en héros à Ramallah par le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas. Parmi eux, 210 détenus de Cisjordanie et 17 de la Bande de Gaza, aucun n’ayant "du sang sur les mains", selon l’expression du gouvernement israélien. A Bruxelles, le député Ecolo Fouad Lahssaini, "médiateur" belge pour l’Union internationale des parlementaires pour la Palestine, justifiait l’organisation de la conférence dans les locaux du Parlement par le souci de savoir qui sont les prisonniers des geôles israéliennes, combien ils sont, quels traitements ils subissent

Interrogé par "La Libre", Fouad Lahssaini s’est dit particulièrement sensible au fait que des personnes élues à la faveur des élections les plus démocratiques du monde arabe, par l’Autorité palestinienne en janvier2007, soient détenues depuis des mois sans perspective de procès. Parmi les intervenants à la conférence, aux côtés du vice-président du Parlement palestinien ou de personnalités de la société civile, figuraient deux membres du mouvement islamiste libanais, le Hezbollah, le Dr Hussein al Haj Hassan, député au Parlement de Beyrouth et un des fondateurs du mouvement, et Abdullah Kassir, un dirigeant de la télévision du Hezbollah al Manar. Présence dont s’est ému l’"European strategic intelligence&security centre" (ESISC), un centre d’études, basé à Bruxelles, qui étend volontiers son champ d’activités à des prises de position politiques. L’ESISC s’inquiétait ainsi que des "partis politiques belges trouvent normal que des membres du Hezbollah s’expriment dans la maison de la démocratie". La tenue de la conférence avait en effet été approuvée par la Conférence des présidents, qui rassemble des délégués de toutes les formations représentées à la Chambre. Une décision sujette à polémique? Pas sûr du tout. Fouad Lahssaini a averti les participants, en préambule du colloque, que tout propos discriminatoire serait sanctionné. Le Hezbollah ne figure pas sur la liste des organisations terroristes de l’Union européenne. Et si une source diplomatique belge rappelait lundi que "le gouvernement se garde de nouer des contacts politiques avec le Hezbollah", un dialogue entre des élus belges et des représentants du mouvement chiite libanais sur le sort de prisonniers palestiniens ne transgresse pas cette règle. Le Dr Hussein Al Haj Hassan était sans doute une personne idoine pour évoquer cette thématique; il est un de ceux qui, via une médiation allemande, a négocié la libération de détenus libanais avec Israël.