International

Et voilà que les traitements hormonaux de substitution (THS) liés aux risques de cancer du sein chez les femmes ménopausées font à nouveau parler d’eux.

D’après une étude parue dans le "New England Journal of Medicine" (NEJM) daté du 5 février, les femmes ménopausées suivant une thérapie hormonale combinée d’œstrogène et de progestatifs pendant au moins cinq ans doublent leur risque de développer un cancer du sein. Les travaux ont par ailleurs révélé qu’un an après la fin de ce type de traitement, le risque de développer un cancer du sein baisse de 28 pc.

"Ceci est une preuve très solide que l’œstrogène combiné à des progestatifs provoque le cancer du sein", a commenté le Dr Marcia Stefanick, professeur de médecine à l’Université de Stanford en Californie et coauteur de cette étude. "On prescrit des hormones à des femmes ménopausées et cinq ans après, leur risque de cancer du sein est sans aucun doute élevé, puis quand elles arrêtent ce traitement hormonal, ce risque revient à la normale", poursuit-elle.

"Ces données établissent de façon suffisamment convaincante le lien de cause à effet", entre la thérapie et la pathologie, ajoute-t-elle, tout en soulignant que ces résultats ne s’appliquent pas aux femmes prenant seulement de l’œstrogène.

Pour mener à bien cette étude, les chercheurs ont analysé des données provenant de deux groupes de femmes dont le premier comptait plus de 15 000 participantes devant prendre de l’œstrogène et des progestatifs ou un placebo. Ce premier essai clinique a été mené par les Instituts nationaux de la santé (NIH) qui l’avaient arrêté trois ans plus tôt que prévu en 2002 après que le risque nettement accru de cancer du sein fut devenu évident. Les auteurs ont continué à suivre ces femmes pour déterminer la fréquence de nouveaux cancers du sein et des mammographies.

Trois fois moins de THS

Parallèlement à cet essai clinique, ils ont collecté des données provenant d’une étude débutée en 1994, portant sur 41 449 femmes ménopausées, qui avaient été laissées libres de choisir entre un traitement hormonal combinant œstrogène et progestérone, seulement de l’œstrogène ou pas d’hormone du tout.

En ce qui concerne l’accroissement du risque de cancer du sein lié à une thérapie hormonale composée d’œstrogène et de progestatifs, les résultats dans les deux groupes se sont avérés très similaires.

"Bien qu’un plus grand nombre de cancers du sein soit diagnostiqué chez les femmes suivant la thérapie hormonale combinée, de nombreuses tumeurs ne sont probablement pas détectées, car elles n’apparaissent pas clairement chez les patientes traitées avec ces hormones", relève le Dr Stefanick. "Ce problème disparaît une fois que les femmes arrêtent le traitement hormonal, alors que les tissus des seins reviennent à la normale", ajoute-t-elle.

Après l’arrêt de l’essai clinique des NIH en 2002, le nombre d’ordonnances de thérapie hormonales pour des femmes ménopausées est passé de 60 millions en 2001 à seulement 20 millions en 2005, soit le tiers.

Preuve supplémentaire qu’un lien de cause à effet peut être établi, le taux de cancer du sein a également baissé nettement la première année.