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Le Luxembourg est devenu mardi le troisième pays de l'Union européenne à légaliser l'euthanasie, après les Pays-Bas et la Belgique, avec l'entrée en vigueur d'une loi à l'origine d'une réduction des pouvoirs du souverain luxembourgeois.

"N'est pas sanctionné pénalement et ne peut donner lieu à une action civile en dommage et intérêts le fait par un médecin de répondre à une demande d'euthanasie ou d'assistance au suicide", stipule la loi promulguée lundi par le chef de l'Etat, le grand duc Henri, et publiée mardi au journal officiel luxembourgeois Adoptée en seconde lecture par les députés luxembourgeois le 18 décembre, le texte avait suscité l'opposition du grand duc, qui avait menacé de ne pas le signer en raison de ses profondes convictions catholiques.

Pour contourner les réticences du monarque et éviter une crise institutionnelle majeure, le parlement luxembourgeois a dû modifier la Constitution et réduire les pouvoirs du souverain. Le souverain n'a plus comme par le passé à "sanctionner" les lois pour les valider, mais il se contente de les "promulguer", sans que cela ait valeur d'assentiment. Cette réforme a fait évoluer le Luxembourg vers une monarchie purement protocolaire, ce à quoi le grand duc lui-même aspirait.

Dans l'Union européenne, seuls les Pays-Bas et la Belgique avaient légalisé l'euthanasie, sous certaines conditions, en 2002. En Suisse, un médecin peut fournir à un malade condamné et désirant mourir une dose mortelle d'un médicament qu'il prendra lui-même.

Dans l'Union européenne, certains pays comme l'Italie et la France interdisent l'euthanasie, mais autorisent une forme d'aide à la mort. Toute forme d'euthanasie ou de mort assistée est en revanche interdite dans des pays comme la Grèce, la Roumanie, l'Irlande ou la Pologne.