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Trois mois comme ministre des Affaires étrangères, et puis s’en va. En poste depuis octobre 2017, Halbe Zijlstra a présenté sa démission ce mardi, juste avant d’être entendu par la Deuxième Chambre, à propos d’un mensonge concernant une rencontre avec le président russe Vladimir Poutine. Le Roi Willem-Alexander a accepté sa démission.

M. Zijlstra avait prétendu à de nombreuses reprises qu’il avait participé en 2006, en tant que collaborateur de la compagnie pétrolière néerlando-britannique Shell, à une réunion dans une datcha de M. Poutine. A cette occasion, ce dernier aurait selon M. Zijlstra, évoqué son souhait de créer une grande Russie, comprenant le Belarus, l’Ukraine, les pays baltes et éventuellement le Kazkhakstan. Or, M. Zijlstra a reconnu le week-end dernier dans un entretien accordé au “Volkskrant” qu’il n’était pas présent à cette réunion, affirmant tenir cette information d’une autre source (l’ancien patron de la compagnie pétrolière Shell Jeroen van de Veer).

Informé de ce mensonge depuis quelques semaines, le Premier ministre libéral Mark Rutte avait évoqué “une grande faute”, mais n’espérait pas moins conserver son ministre (membre, comme lui, du parti VVD) dans son exécutif. La pression du Halbe Zijlstra était cependant trop forte et sa crédibilité passablement écornée.

Sa position était devenue d’autant plus fragile qu’il devait rencontrer à Moscou son homologue russe Sergueï Lavrov.Les relations entre les Pays-Bas et la Russie sont notoirement tendues, depuis le crash du vol MH17 de la Malaysia Airlines, abattu dans l’est de l’Ukraine. Le parquet néerlandais avait pointé que le missile avait été tiré d’une zone contrôlée par les séparatistes pro-russes.

Plus récemment, les services secrets néerlandais ont fourni à leurs homologues américains des informations concernant le groupe de pirates informatiques russes qui auraient piraté des milliers d’e-mails du Parti démocrate, avant l’élection de 2016.