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Le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou, a accusé jeudi l'armée britannique d'agir comme celle d'Hitler lors de ses exercices militaires où l'ennemi simulé porte, selon lui, l'uniforme russe.

"Les forces armées britanniques ont commencé à utiliser des chars russes et l'uniforme militaire russe pour simuler l'ennemi", a affirmé M. Choïgou, cité par l'agence publique Ria-Novosti, lors d'une réunion avec l'ensemble des responsables des armées russes en présence du président Vladimir Poutine.

"Cette méthode d'entraînement des forces armées a été utilisée pour la dernière fois par l'Allemagne fasciste" lors de la Seconde guerre mondiale, a-t-il ajouté.

Le ministre a également dénoncé l'"intensité" des exercices militaires de l'Otan, qui a doublé selon lui ces derniers temps. "La plupart (de ces exercices) ont un caractère antirusse", a-t-il dit.

Selon lui, les activités de renseignement naval et aérien des forces de l'Otan près des frontières russes se sont également multipliées de manière spectaculaire.

"L'Otan a qualifié la Russie de menace principale et continue de renforcer son potentiel militaire près de nos frontières", a souligné M. Choïgou.

L'Alliance atlantique a décidé en juillet à Varsovie de renforcer ses moyens militaires sur son flanc Est comme jamais depuis la fin de la Guerre froide il y a 25 ans.

Quatre bataillons d'environ un millier d'hommes chacun doivent ainsi être déployés à partir de début 2017 en Pologne, Lituanie, Estonie et Lettonie.

La Russie a pour sa part déployé en octobre des missiles Iskander, capables de transporter des ogives nucléaires, dans l'enclave de Kaliningrad, située entre la Pologne et la Lituanie.

En avril 2014, un mois après l'annexion de la péninsule ukrainienne de Crimée par la Russie, jugée illégale, l'Otan avait suspendu toute coopération pratique, tant civile que militaire, avec Moscou.

Mais depuis juillet, les deux parties ont réactivé les discussions dans le cadre du "Conseil Otan-Russie" (COR), une instance de dialogue créée en 2002 qui se réunissait régulièrement jusqu'à 2014, pour maintenir un dialogue politique.