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La construction du mur est contraire au droit international. C'est ce que dénonçait le 9 juillet 2004, l'avis consultatif de la Cour Internationale de Justice (CIJ). Pour elle la construction de ce mur de «sécurité» entre Israël et les territoires palestiniens devait donc cesser. Et Israël procéder à son démantèlement et réparer les dommages causés.

En outre, la Cour soulignait l'obligation faite aux Etats de ne pas reconnaître «la situation illégale qui découle de la construction du mur et de faire respecter par Israël le droit international humanitaire». Le 20 juillet suivant, les Nations Unies réunies en Assemblée générale adoptaient cet avis.

Dénoncer l'inaction

«Mais depuis, rien n'a été fait. Personne ne bouge et Israël est conforté dans l'impression d'être au-dessus du droit», estime Pierre Galand sénateur socialiste et président du Comité européen de coordination des ONG sur la question de la Palestine (ECCP) en Belgique.

C'est pourquoi l'ECCP a démarré une vaste campagne européenne à l'occasion de l'anniversaire de l'avis de la CIJ. Les ONG signataires entendent rappeler qu'Israël n'a pas tenu compte de cet avis et que les violations constatées à l'époque sont encore d'actualité. Le mur est toujours là, qui empiète très largement sur les territoires palestiniens.

Leur objectif: forcer les gouvernements européens à prendre des mesures concrètes contre l'occupation israélienne. D'où une campagne de pétitions qui vise à obtenir trois millions de signatures en Europe. Ces pétitions seront, à terme, remises aux autorités européennes et aux différents gouvernements nationaux.

Exiger des sanctions

Les ONG signataires estiment que l'Union européenne aurait dû geler «l'accord d'association» qui la lie à Israël depuis le 20 novembre 1995, sur le respect des droits de l'homme et des principes démocratiques. Et selon elles, des sanctions devraient aussi être appliquées aux pays qui n'agiront pas contre Israël.

Eric David, professeur de droit international à l'ULB estime pour sa part qu': «une action en carence des autorités communautaires devant la Cour du Luxembourg serait envisageable pour condamner leur inaction. »

Un projet ambitieux au moment où l'attention internationale se focalise sur le plan de désengagement de Gaza qui doit démarrer à la mi-août, rejetant dans l'ombre l'avis consultatif de la CIJ.

© La Libre Belgique 2005