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Le nombre d'attaques terroristes a doublé dans les pays occidentaux en 2017, passant de 96 en 2016 à 204 l'an dernier, selon une étude du courtier en assurances international Aon qui publie jeudi une cartographie par région des risques politiques, terroristes et de violence politique dans le monde. Le risque de violence politique augmente partout dans le monde. "Le risque de conflits entre États, dans lesquels même des grandes puissances peuvent se retrouver impliquées, n'a jamais été aussi élevé que depuis la fin de la guerre froide", révèle l'étude.

Dans les pays occidentaux, le nombre d'attentats terroristes a plus que doublé. Ceux-ci ont néanmoins été moins meurtriers et le total des victimes est dès lors resté globalement similaire (1.092 en 2017). 40% des pays sont exposés à un risque de terrorisme ou de sabotage.

Cette instabilité géopolitique mondiale reste source de pression sur les entreprises internationales, selon Aon. "Une nette tendance se démarque, par laquelle les entreprises se préoccupent d'attentats terroristes susceptibles d'interrompre toute ou une partie de leur chaîne d'approvisionnement", détaille Ann Cremers, Senior Manager Property & Terrorism chez Aon Risk Solutions. Selon Aon, 8% des attentats terroristes visaient de manière spécifique des entreprises et 3/4 le pétrole et le gaz, l'industrie minière, le transport, la construction ou des infrastructures critiques.

Environ 22% du total des pays ou territoires, soit 46, ont été classés à un niveau de risque élevé ou grave. "C'est par exemple le cas de la Turquie qui, depuis le coup d'Etat manqué de 2016, est secouée par des troubles politiques et qui, en raison de son implication (aux côtés de la Russie) dans le conflit syrien est devenue la cible de prédilection d'attentats terroristes", explique Maxime Manderlier, consultant chez Aon. "Et comme la Turquie est un partenaire commercial important de la Belgique, les implications pour notre pays sont bien réelles, tout comme c'est le cas pour le Nigeria et l'Afrique du Nord."

Aon conclut également que même si elle n'a pas disparu, la menace de l'État islamique ne s'étend pas. En 2017, l'EI a perpétré des attentats terroristes dans 29 pays sur les cinq continents, chiffre semblable à celui de 2016 mais encore supérieur à celui de 2015 (19 pays). Cependant, l'influence mondiale de l'EI semble se replier. Dès lors, le nombre de pays dans lesquels il pourra perpétrer des attentats ou inspirer d'autres personnes à le faire devrait être amené à diminuer en 2018.

Le secteur touristique reste par ailleurs une cible de prédilection pour le terrorisme international, note l'assureur. En 2017, au moins 44 attentats visant directement les transports publics, mais aussi des secteurs commerciaux essentiels au tourisme comme des hôtels, nightclubs, l'aviation civile et d'autres pôles d'attraction, ont été perpétrés dans le monde. Plus de 80% des victimes d'attentats terroristes ont péri dans des lieux attirant généralement de nombreux touristes.

"Les extrémistes radicaux de gauche représentent également une menace croissante. Le nombre d'incendies criminels dans les pays occidentaux a dès lors également doublé. Ces actes sont principalement perpétrés à des fins de sabotage car ils n'ont fait aucune victime au cours de ces deux dernières années", assure encore Aon.