International Le nouveau président du Mexique, Andres Manuel Lopez Obrador, entend rester au contact du peuple, non sans risques.

La promesse du président élu du Mexique de gouverner "près du peuple" est radicale : il ne vivra pas à la résidence présidentielle, il baissera son salaire, voyagera sur des vols commerciaux et refuse d’avoir des gardes du corps. Andres Manuel Lopez Obrador, AMLO comme on le surnomme, vétéran de gauche, élu sur un programme anticorruption et antisystème, se déplace entouré d’un essaim de journalistes et d’admirateurs fervents.

Sans voiture blindée, AMLO est constamment en contact direct avec des personnes qui l’attendent par dizaines, jour et nuit, devant son siège de campagne qui lui sert, pour l’heure, de bureau. Lorsque le président élu s’est rendu au Palais national la semaine dernière pour rencontrer le président sortant, Enrique Peña Nieto, la horde de médias et d‘admirateurs collés à sa voiture a fait voler en éclats les protocoles de sécurité.

Les forces de police n’ont pu empêcher l’entrée de la foule au Palais. Une femme est parvenue à se frayer un chemin jusqu’à Lopez Obrador, qui l’a embrassée. "Je ne veux pas avoir de gardes du corps, les citoyens vont prendre soin de moi."

Pareille stratégie est une "erreur totale, qui résulte davantage du caprice que d’une réflexion", estime Alejandro Hope, consultant en sécurité. Pour la future ministre de l’Intérieur Olga Sanchez, le président "doit évidemment avoir un système de sécurité qui le protège, car la gouvernance est en jeu, la stabilité de l’Etat."

Alejandro Hope reprend : "Quelqu’un doit garantir l’intégrité du président et de sa famille, le secret de ses communications, la logistique de ses voyages et la sécurité des chefs d’Etat en visite au Mexique." Devant les critiques, AMLO aurait infléchi sa position et envisagerait d’avoir un système de sécurité alternatif, même s’il se refuse à faire appel à l’état-major présidentiel.